‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 48 sur 74 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

« Ne f étoone pas , après cela , si ceux qui ont de la foi, de la religion , environnent le prêtre de tant de respect , et si , quand il lui arrive d'oublier ses devoirs et de passer par le chemin qu*a frayé Judas, lésâmes chrétiennes, tout en rougissant et en pleurant sur lui, n'en conservent pas moins tout ce qu'elles doivent à son caractère profané? A leurs yeux , le prêtre n'est pas la religion, mais il en est le ministre; ils ne rendent jamais la religion responsable des fautes que peut commettre le prêtre , car ce serait une injustice , mais ils tiennent toujours compte au prêtre , en quelqu'état qu'il soit , du sacerdoce qui est en lui et dont il ne peut jamais se dépouiller.

Ji Nous voilà rendus , Thomas. Avant de nous séparer, je t'en conjure de nouveau , apprends donc à mieux connaître les prêtres , et tu ne les auras plus en horreur. Ne t'en rapporte donc pas à tous les bruits qui circulent dans la rue ; examine la chose en homme raisonnable. Tiens ! je me rappelle qu'un jour je passais devant la maison d'un prêtre dont la 4)ositlon est fort distinguée et dont le public s'occupe beaucoup. Une femme sdt'tait de chez lui; c'était une pauvre revendeuse. Cette femme, qui me connaissait un peu et qui avait besoin d'épancher la joie de ^on &me, me saisit par le bras et me dit : « Âh ! si voiis^saviez , Joseph , ce qui vient de m'arriver ! On me disait que ce prêtre était fîer, méprisant, orgueilleux , et je te croysfis tout bonnement. Mais je viens de chez lui, et il m'a reçue avec un* bonté sans pareille. Groi riez-vous qu'il m.'a fait «[asseoir dans un fauteuil , moi qui ne suis pourtant pas une grande dame, il s'en faut de beaucoup ! Je crois vraiment qu'il n'aurait pas mieux reçu la femme du général. Oh ! si cet homme- là était jier comme on le dit , il

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n'aurait pas pris tant de peine pour moi. Il est yrai que sa maison est belle et sa chambre riche ; mais si ses parents lui ont laissé de beaux meubles en héritage, et si ses amis lui ont fait de beaux cadeaux , faut-il donc Tobliger à jeter ça par les fenêtres pour essayer de contenter tout le monde ? »

» Cette femme avait raison, Thomas; ayons autant de bon sens qu'elle. »

Ainsi causaient en marchant Joseph et Thomas. Quelques instants plus tard nos deux amis étaient à Touvrage.

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