‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 50 sur 74 · CHANTRE XVI · texte numérisé non relu

CHANTRE XVI

eu sans cesse sous les yeux en travaillant à Téducation de sa fille.

Joseph , ayant fait la connaissance de cette jeune personne y dont tout le monde lui disait du bien , obtint de ses parents rentrée de leur maison , où il se fit connaître lui même de la manière la plus avantageuse. Il s'y comporta toujours en honnête homme et en parfait chrétien, observant toutes les règles que la prudence dicte en pareil cas à deux cœurs qui semblent faits Tun pour l'autre , mais qui ne doivent se posséder qu'un peu plus tard. Il voyait toujours Héianie sous les yeux de ses parents ; il faut ajouter et aoiis les yeux de Dieu , dont il aimait à se rappeler la présenee , afin de rendre tous les mouvements de son cceur aussi réguliers que Tétaient ses démarches extérieures.

Mélanie ne se laissait pas yaincre en sagesse et en modestie par le ieune homme qui la fréquentait. Elle lui parlait toujours avec autant de respect que de bienveillance , et plus elle approchait de Tépoque de leur mariage , plus elle croyait devoir ajouter à aes précautions. Aussi , quand arriva pour eux le grand jour des noces , «Mélanie parut avec cette gravité , cette marche pleine de noblesse , cet air de demi» embarras qui sied si bien à une fille chrétienne quand elle va recevoir Taugoste titre d'épouse y et on trouvait une différence très-remarquable entre elle et ces jeunes personnes qui s'avancent vers les saints autels d'un air libre , dégagé , et qui avec leur époux de fraîche date paraissent tout aussi à Taise que si elles lui donnaient la main depuis quinze ou vingt ans.

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