CHAPITRE XVII i
fiance, à notre amour, et pourquoi je croirais faire injure à Dieu , en ne la regardant pas comme un présent de 6a main , comme un moyen de salut donné par lui y et qui doit nous paraître indispensable et nécessaire.
€e qui m'attache à la religion , mes amis , c*est que je trouve en elle tout ce qu*il faut pour m^éloigner du mal et me porter au bien ; pour rendre ma ▼ie pure, irréprochable, non-seulement aux yeux des hommes, mais aussi devant Dieu qui voit le fond du cœur. Oui , ce sacrement de pénitence qui vous répugne tant , me semble , à moi , par la honte qu'il produit , par la douleur qui doit nécessairement s'y joindre et par la paix qu»*il procure , le meilleur antidote contre le péché, il est si facile d'arriver à ne plus se repentir quand on commence à ne plus se confesser ! Il est si facile de ne plus détester ses péchés quand on n'est plus forcé de s'en souvenir et de les avoir devant les yeux ! et pourtant, sans le repentir, comment voulez-vous que le pécheur puisse trouver grâce et miséricorde ? Dieu est bon , mais il est juste , et il ne peut pardonner qu'au repentir.
» Oui, je crois cette religion vraie , parce que ses mystères, ses espérances, ses terreurs, ses enseignements, ses rigueurs, tout enfin, dans ce qu'elle nous présente, est de nature à éloigner le cœur du fice et à le porter à la vertu ; et je sens que Dieu doit exiger de l'homme cette innocence du cœur que la religion seule lui procure. Je ne vois qu'elle qui prêche la pénitence, qui pousse à la perfection et qui offre dans la prière, les sacrements et les pratiques de piété , un moyen de soutenir notre faiblesse et de nous rendre vraiment bons.
» J'aime la religion , je la crois vraie et je m'y
attache, parce que je vois que tout ce qu'il y a eu d'âmes éminemment vertueuses , pures , de l'aveu même de ceux qui n'ont pas de foi , s'est trouvé dans son sein II me semble que si la religion ne veuait pas de Dieu , elle n'aurait pas produit ce nombre prodigieux de saints qui déposent en sa faveur comme une nuée de témoins. Une mauvaise religion n'aurait pas inspiré aux Paul , aux Augustin , aux Bernard , aux Thérèse tant de zèle , de dévouement et d'amour. On ne peut pas supposer que Dieu , dans chaque siècle, ait laissé courir à une source impure les âmes les plus droites, les plus saintes, les plus ardentes à chercher la vérité ; qu'il les ait , dis-je, toutes égarées en les conduisant là; qu'il leur ait ouvert une fausse porte pendant qu'elles frappaient pour entrer par celle qui conduit à lui, et qu'il leur ait donné une pierre pendant qu'elles lui demandaient du pain ; ce que ne ferait pas pour ses enfants le plus mauvais de tous les pères.
x> Je crois à la divinité de la religion , mes amis , parce qu'en étudiant l'histoire , je vois dans chaque siècle, les nations venir à elle les unes après les autres , et , en y entrant, dépouiller leur barbarie native , prendre des mœurs et des habitudes plus douces , pratiquer des vertus qui leur étaient inconnues. Ainsi je vois , au sixième siècle , les Anglais , convertis par le saint moine Augustin , embrasser la foi qui est aujourd'hui la nôtre ; au septième siècle , les Cerraains de la Franconie ; au huitième, une grande partie de TAIlemagne ; au neuvième , les Vandales , les Bulgares , les Slaves , les Polonais , les Danois ; plus tard , les Hongrois sous la conduite de leur saint roi Etienne , et les autres peuples du Nord. Dans les siècles suivants , le nouveau monde accourt vers la