‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 55 sur 74 · CHAPITRE tViî · texte numérisé non relu

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d'autre feu que celui de notre foyer, et je ne vois pas quMI ait Tair de vous déplaire en ce moment.

— Vous me déroutez , Monsieur, dit Gustave , et pour un peu plus vous me rendriez dévot. Il y aurait pourtant bien de Touvrage à faire ; car je ne croirai jamais, voyez- vous , que le bon Dieu se mêle de nos affaires , qu'il aille jusqu'à compter les cheveux de notre tète. Je vois dans votre religion un tas de bêtises... Ob ! pardon, M* le curé, je ne pensais plus...

— Il est certain que le mot n'est pas flatteur, dit le bon prêtre en souriant; mais je l'accepte néanmoins comme historique, car vous n'êtes pas le premier qui rayez laissé échapper. Seulement je vous prie de remarquer que ceux qui se permettent sur la religion un semblable jugement n'ont pas à eux seuls tout Fesprit qui soit dans le monde. Il ne suflit pas d'avoir une pipe à la bouche, un bonnet reqversé sur l'oreille et une canne à la main pour faire autorité dans des matières si graves. Des gens qui ne songent qu'à travailler pour gagner un peu d'argent , ou à s'amuser pour le dépenser, vous paraissent-ils dans les conditions voulues pour porter sur la religion un jugement qui ait quelque valeur? Pour moi, je ne le pense pas. Des millions d'hommes qui prononceraient sur une chose sans la connaître , sans l'avoir examinée et en la traitant avec toute la légèreté possible , oui , des millions d'hommes , «n pareil cas , ne me feraient pas plus dlmpression que la parole d'un enfant ; et lors même que ces hommes auraient beaucoup d'esprit par ailleurs, qu'ils seraient de grands géomètres, d'habiles orateurs, de profonds métaphysiciens, leur jugement sera encore très-peu de chose pour moi , quand ils s'aviseront de condamner ma foi , ma religion , sans l'avoir assez étudiée , et de traiter de bè-

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lises des vértlés très-respectables , mais quMIs D^ont entrevues que sous un jour faux qui les leur rendrait ridicules.

» Des bêtises, Gustave ! Je ne puis guère digérer ce root. Mais savez-vous que cette religion dont vous traitez avec tant de mépris les croyances et les pratiques, a paru très-vraie , très-digne de respect à une foule d'esprits éminents, qui Tétudiaient à fond et qui n'ignoraient pas les railleries dont on la couvre , les reproches qu'on lui adresse et les attaques dont elle est Tobjet? Pourquoi voulez-vous que la conduite de ces grands hommes ne soit rien pour moi , et que je ne regarde pas comme très-raisonnable de marcher en si bonne compagnie ? S'il y avait réellement dans la religion les puérilités que vous dites, comment ces tSSmmes si éclairés et si saints ne les auraient-ils ja-r mais découvertes ni même soupçonnées?

» Tenez , mes amis , je lis dans ce moment un ouvrage remarquable et qui aurait certes plus d'actualité y de valeur et peut-être de succès que les deux tiers des ouvrages qu'on imprime aujourd'hui pour la défense de la religion ; c'est la réponse du célèbre Origène aux impiétés de Gelse; Geise, le Voltaire des premiers siècles , si ce n'est pas trop peu dire. Hé bien ^ lorsque je parcours les objections de ce célèbre incrédule , qui nous ont été conservées par son réfutateur, je ne puis m'empêcher de dire : Geux qui lisaient alors les raisonnements serrés et captieux de. Gelse y et les railleries mordantes dont il les assaisonnait , devaient dire sans doute : Quelle folie que le christianisme ! quel tas d'absurdités ! et comment peut-on être si borné que d'y croire? Et pourtant, lorsqu'on voit avec quelle puissance de raison et de sagesse, avec quelle haute convenance, quelle bonne

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