‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 58 sur 74 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Terreur, il leur prescrit cTaller de^ii à deux ^ , et quand il leur recommande la prière , il veut qu'on cherche à se réunir pour la mieux faire , et il promet ' qu'en pareil cas la prière sera toute-puissante.

L'Eglise a bien compris la pensée du Sauveur, et elle s'est toujours efforcée de la réaliser. Elle-même n'est pas autre chose qu'une société de fidèles ^ ayant les mêmes lois spirituelles, les mêmes signes extérieurs, le même.but qui est l'amour et le service de Dieu , les mêmes espérances. Les premiers chrétiens ont fait l'admiration de tout l'univers , par ce sentiment de pure et noble fraternité, qui forçait les païens à dire : a Voyez donc comme ils s'aiment ! » En effets ils se prêtaient secours et se soutenaient mutuellement , au point qu'il n'y avait plus de pauvres parmi eux , les riches leur donnant en abondance , et ils établissaient ainsi entre les conditions diverses la seule égalité qui soit vraiment réalisable sur la terre '.

Les grandes choses que l'Eglise a enfantées dans chaque siècle , et dont quelques-unes tiennent pour nous du prodige, avaient leur source dans le principe d'association. Si les cathédrales s'élevaient comme par enchantement , à une époque oi^ il semble que les ressources matérielles fussent moins abondantes qu'aujourd'hui; si la science voyait s'élever aussi des monuments non moins remarquables dans un autre genre; et si ces immenses travaui artistiques et littéraires auxquels la fortune d'un prince et les années d'un patriarche n'eussent pas suffi , arrivaient cependant au terme voulu et faisaient l'admiration des siècles suivants, n'est-ce pas à la réunion de plusieurs bras dirigés par une même pensée qu'on en était re-

* Cœpit gos mittere binos. Marc. vi. 7.

♦ AcT. IV. 84.

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devable? Des populations entières , se levant à Ja suite de ieur ^véque, travaillaient comme un seul homme, et au bout de quelques années s'élevaient dans le^ airs la voûte hardie d'une église et sa flèche élégante, dont les pierres , taillées avec un art et une patience infinis , avaient presque la finesse de la dentelle et la solidité des pyramides d'Egypte.

Ainsi la raison inspire à Tbomme le besoin de s'associer i ses semblables pour augmenter ses forces et son bien-être ici-bas , et la religion , en consacrant ce principe» en a fait elle-même la plus belle application.

C'est donc une bonne pensée que celle de fonder des associations de secours mutuels. Pendant que d'autres sociétés, dirigées par un mauvais esprit, s'agitent dans l'ombre » s'occupent tout bas à troubler l'ordre public , et y parviendraient facilement si la Providence permettait que les volontés qui conspirent pour le mal se réunissent toujours parfaitement dans la manière de Texécuter, pourquoi les amis de l'ordre et de la paix ne s'uniraient-ils pas également pour procurer l'intérêt général en soignant d'une manière convenable l'intérêt des particuliers? L'esprit drpit et sensé de Joseph lui avaitiait comprendre de suite les avantages de l'association dont on l'invitait à faire partie. Il donna son nom des premiers , et il fut un de ceux qui contribuèrent le plus par leur empressement et leur zèle à grossir les rangs des sociétaires.

c( Vraiment , disait-il à un de ses amis , je trouve que nous aurions grand tort de négliger les avantages que nous offre cette association ; avec quelques francs mis en commun chaque année , et que nous aurions peut-être dépensés inutilement, chacun de notre côté,

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