CHAPITRE XVIII
souffrant , Joseph n'aurait pas voulu augmenter la maladie corporelle ni en reculer la guérison. Peu et souvent, c'était sa devise ^ pour Tesprit comme pour Testomac des malades. '^
11 n'aurait pas non plus voulu , par une crainte excessive, laisser mourir un des sociétaires sans lui procurer les secours de la religion ; et quand on lui disait que cela pourrait faire impression au malade et qu'il ne fallait pas s'exposer à lui porter dans l'esprit un coup fâcheux : a Sommes-nous donc des enfants , répliquait Joseph , et ne savons-nous pas tous que nous devons mourir un jour? Sans doute il y a des précautions à prendre auprès d'un malade ; mais il ne faut pas en prendre trop , ni se faire une fausse idée du prétendu coup qu'on va lui porter. La religion dont on lui offre les secours,, ne vient-elle pas pour le consoler, le fortifier, lui adoucir l'amertume des souffrances et le terrible coup de mort?
D Vous vous imaginez que le prêtre en arrivant va lui crier : Vous êtes perdu. Mais pas du tout, il se présentera avec un* visage plein d'espérance, comme ami d'abord , et soyez sûrs qu'avant qu'il soit longtemps, le malade l'aimera, lui ouvrira son cœur avec confiance , et cette confiance y fera naître la paix qui est quelquefois le remède le plus efficace aux maladies du corps. j>
On le laissait faire ordinairement, et on n'avait jamais à s'en repentir. Les malades le remerciaient fort souvent de son zèle et de son attention^ et quelquesuns lui disaient: «Tu as bien fait, Joseph, d'aller chercher un prêtre; Je le désirais, mais je n'osais le demander, et personne n'avait le courage de m'en parler. »
Il y a tant d'hommes en effet qui sont chrétiens
dans le cœur sans avoir ia force de le paraître au dehors ! Il y eu a tant qui coœprenaeDt alors que 8*i]8 ont été assez fdibles pour négliger leurs devoirs pendant la vie^ ce n'est pas une raison pour affronter en téméraires cette éternité dont la porte va s'ouvrir sous leurs pas et dont la religion peut seule leur dire tous les secrets I