‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 63 sur 74 · CHAPITRE XIX i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX i

sort contre ceftri évt premier de tous les potentats.

Il leur faisait }ire à fa teillée les ouvrages qu'ils avaient etfs pour récompenses , et tenait ses plus petites filles sur ses genoux pendant que la plus grande travaillait à côté d'eux avec la mère.

Joseph ne connaissait point de jouissance comparable à celle que doit trouver un bon père dans Tintérieur de sa famille. Il plaignait de tout son cœur ceux de ses amis qui ne se trouvaient bien que hors de chez eux , qui y prenaient à peine leurs repas en courant et ne rêvaient de bonheur qu'au théâtre et au café. t< Mon théâtre, à moi , disait-il en riant, c'est ffia maison. Il s'y passe bien quelquefois de petites scènes désagréables , car les meilleurs enfants ne sont pas sans défauts 3 mais il y a aussi des moments bien heureux dans ces épanchements mutuels de cœurs qui s'aiment, et qui s'aimeraient beaucoup moins s'ils se voyaient moins souvent réunis, b

Je ne comprends pas , en effet, comment de pauvres enfants peuvent être ce qu'ils doivent pour leur père , quand celui-ci n'a jamais Tair de se plaire dans leur compagnie ; qu'il ne rentre à la maison que pour y laisser voir sa mauvaise humeur ou sa colère ; qu'il échappe à leurs petites caresses comme à un supplice, et qu'il les laisse toujours seuls avec leur mère , que les pauvres enfants voient pleurer bien sburent. « C'est un système qui ne me va pas , disait Joseph ; il a beau devenir commun aujourd'hui , j'espère bien me préserver de sa contagion. » *

Si on avait demandé aux trois petites filles de Joseph qui elles aimaient mieux de leur père ou de leur mère , on les aurait mises dans un cruel embarras. Elles n'avaient jamais pensé à établir nne différence entre ces deux cœurs , qui n'en luisaient qu'un pour

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elles, et qai conspiraient sans cesse au commun bonbeur de ]a famille. Le moindre désir de Joseph était un ordre pour ses filles ; et quand on leur demandait quelque chose qu'elles savaient ne pas lui convenir, on n'en obtenait rien autre chose que cette réponse : « Bon père ne serait pas content, b

Mélanie consultait les goûts de son époux dans les moindres choses qui avaient rapport à la conduite de ses filles. Quoique très-capable de les diriger ellemême , elle voulait toujours que la direction partit de plus haut.

Joseph y qui savait que l'uniformité de l'extérieur contribue à rappeler aux enfants l'union qui doit régner entre eux, voulait que ses filles fassent toujours vêtues d'une manière uniforme; c'était une véritable joie pour lui et pour elles.

Leur mise était très-simple et convenable aux filles d'un honnête ouvrier. Il n'aurait pas fallu qu'on proposât à Joseph de semer en abondance les rubans sur ces petites têtes et de leur donner un faux air de grandes demoiselles : a Non , non , disait-il , ne me parlez pas de cela ; plus mes filles grandiront , plus je serai sévère sur ce point. Je ne veux pas qu'elles soient jamais tentées de rougir de leur pauvre père, ni que quand elles iront par la ville avec leur mère on puisse dire : Où vont donc ces demoiselles avec leur servante ?

» Quand elles seront mariéesi ajoutait Joseph, elles feront comme il leur plaira, ou plutôt comme il plaira à leurs maris, ils seront les maîtres alors ; mais aujourd'hui c'est moi qui le suis, et je crois rendre service à mes filles en les tenant ainsi sur la ligne de cette simplicité chrétienne qui est sans contredit la plus belle parure des femmes. Songeons à rendre nos

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