‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 66 sur 74 · CHAPITRÉ XX · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XX

ploient bien leur temps dans la semaine , et s*ils n'en passent pas la moitié au cabaret , ils gagneront asses pour se nourrir le dimanche.

» Soyez tranquilles, mes amis, disait-il aux ouvriers qui dépendaient de lui , le repos du dimanche n'a conduit personne à Tbôpital , et le repos du lundi a plongé bien des gens dans la misère. Ceux de vos camarades qui affectent de dresser leurs échelles dans les rues les Jours de dimanche , et d'y tailler des pierres, au scandale de tous ceux qui passent, pour aller aux offices ou ailleurs, voyez si leurs affaires ont Tair de marcher mieux que les vôtres. Ils se donnent le plaisir d'être impies, voilà tout; mais ils n'en sont ni plus riches ni plus gras, et ce n'est pas de l'argent qui rentre chez eux , c'est de l'eau. »

Les ouvriers de Joseph comprenaient la sagesse de ses observations , et comme il les payait fort exacte* ment et ne leur faisait rien perdre, ils n'avaient garde de le quitter pour s'aller mettre au service de gens chez qui ils n'auraient certes^ pas trouvé les mêmes garanties.

Joseph aurait bien voulu pouvoir s'affranchir de l'usage de payer ces hommes le jour du dimanche : par malheur, la coutume sur ce point avait tellement prévalu qu'il se vit obligé de la suivre. Mais il avait eu soin de déclarer que jamais il ne donnerait un liard i ses ouvriers pendant le temps des offices. On le savait , et personne ne le trouvait mauvais. L'argent était prêt , les comptes en règle , l'heure fixée , et tous les moments si bien ménagés , que personne n'était obligé d'attendre , et que Joseph se trouvait presque toujours en mesure d'assister aux offices de sa paroisse, ce qui était pour lui une consolation, et pour tous ceux qui le voyaient un spectacle bien édifiant.

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