CHAPITRE IV
L'Ëeole chrétienne.
Marguerite, qui savait lire couramment, et qui avait eu ]e bon esprit d'entretenir cette connaissance si précieuse en faisant quelquefois des lectures utiles , n'eut pas de peine à donner à son fils les premières leçons de Talphabet et à commencer ellemême son éducation , qui devait être plus solide que brillante.' La position de cette pauvre veuve ne lui permettait point de faire entrer Joseph dans une de ces maisons que les riches seuls peuvent aborder et où rinstruction ne s'achète qu'à grands frais. Heureusement que la Providence avait placé, dans un quartier de la ville qu'elle habitait, une école gratuite, dirigée par ces hommes vénérables,et modestes, dont l'existence est consacrée à instruire l'enfant du pauvre sans autre salaire que la reconnaissance des pa-rents et la bénédiction de Dieu.
Les Frères de l'Ecole chrétienne accueillirent Joseph dès qu'il fut en âge de s'asseoir sur leurs bancs, et il monta successivement, avec une distinction bien marquée, de classe en classe, chéri de ses compagnons et estimé de tous ses maîtres. Il n'avait pas dix ans et demi, que déjà il disputait aux élèves' de la première, presque tous plus âgés que lui, cette croix qui fait battre si délicieusement le cœur, et qui pro-