PREFACE. IX
pas assez que ce sont les détails et quelquefois les seuls épisodes qui le font réussir. Dans le temps que le Tasse écrivait la Jcrusalem délivrée^ on était peutêtre encore un peu imbu de la folie des croisades; mais aujourd'hui qu'on est désabusé à cet égard, cela n'a pas nui au j)oëme. Le poëte, comme dit Horace, est une espèce de magicien qui produit une persuasion momentanée , au moyen de laquelle il opère tout ce qu'il lui plaît. L'éloquence a le même pouvoir.
Le sujet que j'ai traité en prose m'a engagé à faire ces réflexions, plus applicables encore à la poésie.
Des gens de goût, ayant lu le troisième livre de cet ouvrage avant que je l'eusse livré à la presse, m'ont fait une objection trop considérable pour queje n'y réponde pas ici. L'invocation à la Lune, m'ont-ils dit, et le groupe de Mars «•t d<.' Vénus, embellissent vos tableaux; mais ces deux endroits sont contraires aux mœurs de l'Egypte, où ces dieux n'étaient point connus.