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Tandis qu'il se livre à ces pensées , il aperçoit des ondes rapides qui, s' élançant du sein de la terre, jaillissent avec fracas , et, enchaînées dans des canaux, obéissent aux caprices de l'homme, et serpentent en contours symétriques. Il est plus surpris que touché d'un tel spectacle; et il soupire après un simple ruisseau qui suit sa pente naturelle, et qui, sortant d'un bocage frais, brille dans les vallons, et roule avec un agréable murmure son eau fraîche et limpide.
L'astre du jour avait atteint le milieu de sa course, et l'air et la terre semblaient embrasés de ses rayons. Zaluca s'était retirée sous un berceau de myrte qui paraissait consacré à l'amour. Un lit d'un gazon tendre et fleuri tapissait la terre. Au bout du berceau l'on voyait Vénus dans les bras de Mars : le marbre peignait l'ardeur et l'ivresse de leurs transports ; on croyait entendre leurs soupirs, qu'exprimaient le feuillage mollement agité et le cours interrompu d'un ruisseau. Le myrte ménageait l'entrée à une lumière plus tendre que celle de la lune : l'haleine caressante des zéphyrs semblait être celle des Amours; et les
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oiseaux qu'attirait cet asile y adoucissaient leur ramage.
Languissamment couchée au pied du groupe amoureux, Zaluca y tenait attachés ses regards. Elle pousse un soupir. Heureuse déesse , dit-elle d'une voix faible et troublée, tu serres ton amant dans tes bras; et moi, je suis réduite à soupirer seule , et mon propre cœur me fait un crime de mes désirs!.,.. Mais tu bannis de vains scrupules : je puis être heureuse comme toi. Déesse , écoute ma prière : c'est toi qui fis naître mes feux : tu répandis dans mon cœur ce poison funeste. Tu as sans doute eu pitié de mes tourmens , et tu as fléchi l'âme la plus superbe : que d'amour ne doit pas expier ses froideurs ! achève de vaincre cette fierté trop long-temps rebelle.
A peine a-t-elle prononcé ces paroles, que Joseph , qui cherchait un abri contre l'ardeur du soleil, s'avance sous le berceau. A l'aspect de ces lieux, il tombe dans une douce rêverie; son cœur soupire. Ah ! \énus, mes vœux sont exaucés, dit en ellemême Zaluca , c'est toi qui me l'amènes.
Arrivé devant elle, il est frappé de surprise. A demi couchée sur le gazon , où sa,
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uoire chevelure flottait au milieu des fleurs , elle levTxit sur Joseph des regards ou régnaient tour à tour l'égarement de ses transports et une molle langueur. Jamais elle ne fut plus helle : l'amour ranime sur son teint les couleurs qu'il avait fanées; ses soupirs agitant son sein en déployaient les charmes, expiraient sur ses lèvres vermeilles ; ses appas n'étaient voilés que par ime gaze légère dont se jouaient les zéphyrs : ainsi leur souffle développe au jour les attraits de la rose naissante : ainsi la naïade n'a d'autre vêtement que le cristal mohile des eaux.
Malgré tant de charmes, Zaluca n'ose encore se flatter que son triomphe soit leur seul ouvrage. Elle montre à Joseph Vénus et Mars tendrement unis. Regarde ce spectacle, lui dit-elle à voix hasse : ce sont des dieux; ils s'aiment; l'amour fait leur félicité suprême : les mortels peuvent s'élever .1 leur bonheur.... Ces derniers mots échappent de ses lèvres, et l'amour qui régnait dans son cœur passe tout entier dans ses regards.
Joseph considère tour à tour Zaluca, le marbre où respire la tendresse, et ces lieux
enchantés. Que de pièges dont la volupié l'entoure ! Les feux du raidi portaient dans Tâme une douce langueur; les oiseaux retirés sous cet ombrage affaiblissaient leurs chants et se livraient à l'amour ; le myrte , sensible à leurs plaisirs , agitait plus mollement son feuillage. Joseph se sentait ému dans ce séjour; ses yeux s'attendrissaient; Zaluca triomphe. Mais aussitôt la vertu se réveillant dans le cœur du fils de Jacob, il lance à Zaluca un regard sévère, et s'arrache à tant de pièges réunis. Elle ose le retenir par la robe; mais il fuit, et la robe reste dans les mains de l'épouse de Putiphar.
Confondue, immobile, elle garde un long silence. Soudain une noire fureur s'allume dans ses yeux, et bouillonne dans ce sein que venaient d'agiter les transports de l'amour. Vénus ! s'écrie-t-elle d'un ton terrible, tu le vois, c'est devant ton image que je reçois cette insulte! Venge-moi, punis l'ingrat. Mais je le punirai moimême ; il mourra : je ne répandrai que le sang d'un esclave.
Joseph continuait de fuir loin de ces iieux lorsqu'il rencontre Putiphar, Il tombe