LIVRE IV. 12J
peux , ma cendre ; transporte-la dans, ce séjour isolé, et sous les ruines de cette cabane où coulèrent mes pleurs. Ne pouvant être enseveli au hameau paternel , que du moins mes amis environnent ma tombe ; graves-y quelque emblème, qu'on v lise : Ici repose la cendre paisible d'uit iiî- FORTU>'É. Porte quelquefois tes pas dans ce lieu : que cette main chérie répande quelques fleurs sur mon tombeau : ne l'arrose point de tes larmes; souviens-toi alors que le trépas est le plus doux asile que ton ami ait trouvé sur la terre. Si quelqu'un d'entre vous éprouve une disgrâce accablante , qu'il se rende dans cette retraite que je consacrai aux pleurs : là , il sera forcé de convenir que ses maux n'égalent pas ceux qui terrassèrent ma jeunesse , et peut-être mon ombre y viendra raffermir son courage.
Il dit : entrelacés dans les bras l'un de l'autre, ils étaient étendus sur la couche. Itobal ne pouvait s'arracher à ses embrassemens , et versait un tc^rrent de larmes. Joseph, attendri lui-même, poussait des soupirs et des sanglots. Tels sont les adieux de deux frères qui s'aimaient tendrement,
et dont l'un touche aux portes du trépas : long-temps celui-ci a voulu consoler son frère, mais la mort approche; il ne le voit ])lus ; il le sent qui le serre dans ses hras, et l'inonde de ses pleurs; alors, près de se glacer, son cœur goûte encore une fois le sentiment de l'amitié, et ses yeux, en s'éîeignaut, laissent couler leurs dernières larmes.
Piy DU JJIVUK QUATRIEME,
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Josopli oxpliqiio lo soiio'o de Tliaraoïi .
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