‹ JosephChapitre 49 sur 96 · LI VR R V · texte numérisé non relu

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tombe à ses pieds , et un torrent de pleurs accompagne ces paroles précipitées : Ciel ! l'injustice a donc souillé mon cœur ! j'ai opprimé l'innocence! Joseph, cher ami ( si j'ose encore te donner ce nom), mon âme est déchirée. Les remords me ^suivront jusqu'au tombeau, et troubleront ma cendre.... Toi, mon esclave! Sois mon supérieur; monte au rang où la vertu t'appelle, et punis-moi.... Je lis dans tes yeux , tu me pardonnes. Pharaon, c'est aux rois à venger l'innocence persécutée; comblez Joseph de vos faveurs , et prononcez mon châtiment.

A ces mots s'éteint le courroux du roi. Joseph a relevé son maître : dans ses regards, ternispar ime longueiristesse, brille une douce joie, mêlée du plus vif attendrissement. Ah! s'écrie-t-il , ce témoignage éclatant que vous rendez à ma vertu , et vos regrets douloureux, m'ont fait oublier mes disgrâces. Au sein du cachot , je conservais le souvenir de vos bienfaits : jngez de ce que j'éprouve en ce moment où j'ai vu mon maître à mes pieds! maintenant je ne désire d'autre faveur que de retourner aux lieux qui m'ont vu naître. Que de liens y

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attachent mon cœur ! un père chargé d'années , une amante , s'ils respirent encore !... des frères.... J'ai bien des larmes à essuyer! Et qui suis-je, moi, simple habitant des hameaux, pour gouverner un empire? O roi, à Dieu ne plaise qu'un jour vous puissiez vous repentir de vos dons !

Il dit; et la plupart des grands dont l'ambition eut fermé le cœur aux sentimens de la nature, et qui ne connaissaient pas cette modeste défiance, sont surpris et satisfaits de ce refus.

Cependant Putiphar presse Joseph de recevoir le prix de ses vertus éclatantes. Pharaon redouble les instances. Alors, comme de faibles ruisseaux, entraînés loin de leur cours par un fleuve superbe, vont de leurs eaux réunies assaillir un rocher qui s'élève majestueusement vers le ciel , la foule des courtisans, faisant céder l'ambition à la flatterie, se joint aux vœux du souverain pour fléchir le jeune étranger. Joseph éprouve les plus terribles combats : sollicité au-dehorspar un roi qui, pouvant donner des ordres , emploie la prière , au fond de son cœur il croit entendre Jacob et Sélima qui l'appellent. I^ nature triomphe;

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