‹ JosephChapitre 50 sur 96 · I.IVRE V. l · texte numérisé non relu

I.IVRE V. l

et déjà, prêt à partir, il s'éloigne du trône et de Putiphar attendri, quand une voix céleste lui adresse ces paroles , dont son oreille seule est frappée : Arrête tes pas ; celui qui t'a montré l'avenir t'ordonne de rester en Egypte. Vois ce pays en proie aux horreurs de la famine et à l'avarice des grands; tu dois le préserver à la fois de ces deux fléaux. L'Éternel soutiendra ta faiblesse. Tu cours embrasser ton père : sois ici le père des peuples.

Joseph retourne sur ses pas, s'avance jusqu'au trône; et s'adressant au roi : Le Ciel veut, dit-il, que j'cjbéisse à ses lois; et je vous sacrifie mou bonheur. Tant que durera la famine , je ne m'éloignerai pas de l'Egypte; mais dès que ce fléau ne ravagera plus ces contrées, souffrez que j'écoute la voix de la nature.

Il dit ; et au milieu de cette victoire , et tandis que son âme sublime se peint dans tous ses traits, il répand quelques larmes. A ce mélange inexprimable de grandeur et de tendresse , on s'aperçoit qu'il n'est qu'un simple mortel.

Le roi satisfait lui donne son anneau : ou lui attache un collier d'or; une robe de lin

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brillante de pourpre descend jusqu'à ses pieds. Putiphar, rempli de joie, le serre dans ses bras.

Cependant de l'intérieur du palais se répand au-dehors le bruit des songes du roi, et de l'interprétation de Joseph. L'alarme , comme les rapides flammes d'un incendie général, se communique de maison en maison. On oublie l'abondance qui doit précéder la famine, et, à la pâleur des citoyens, on eût dit qu'elle régnait déjà dans ces contrées.

Mais Pharaon ordonne que dans une pompe solennelle on rende hommage à la vertu , et que l'on montre au peuple le libérateur de l'Egypte. On amène devant le palais un de ses chars, qui semble un trône mouvant, et où l'or est effacé par l'éclat des pierreries : six coursiers, dont la blancheur éblouit, le traînent avec lenteur : sur le dais, la justice, entourée d'hiéroglyphes, soutient la couronne. Joseph monte sur'le char, qui, environné de gardes, fend les flots de la multitude. Tels dans Rome entraient les guerriers victorieux : mais s'ils étaient précédés et suivis de trophées sanglans, de captifs enchaînés.

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