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pre, et cependant ils ont peine à contenir leurs transports, qui, dès que le récit est achevé, éclatent avec plus de force.
Mais, au milieu de leur joie, Joseph se dérobe à eux , et se rend dans son asile solitaiie. Là, comme il l'avait exigé d'Itobal, il voit que l'autel est relevé et couvert de fleurs ; il s'y prosterne. Puis embrassant les débiis de sa cabane : Je te revois donc, ^ écrie-t-il, retraite chérie, à laquelle je me croyais arraché pour toujours, où je n'espérais pas même trouver mon tombeau !
Tu me présentes quelque ombre du hameau de mon père. D'ici , combien de soupirs n'ai-je pas envoyés aux objets de ma tendresse ! ici, combien de fois nos âmes, malgré la distance qui nous séparait, ne se sont-elles point communiquées! Ce lieu a retenti de leurs noms; souvent leurs images me semblaient errer entre ces arbres. Images sacrées, revenez- habiter cette retraite , offrez-moi vos douces illusions , et flattez ma douleur.
II dit ; et se précipitant vers la troupe des bergers : Mes amis, leur dit-il, consacrons quelques momens à rétablir ma cabane. Quelquefois je viendrai dans ce sé-
ifia JOSEPH
jour où je fus esclave, déposer les chaînes de la grandeur, adorer avec vous l'auteur de l'univers , et soupirer sous cet ombrage.
A peine a-t-il parlé, qu'ils volent vers la forêt. Les uns enlèvent les débris de la cabane, tandis que d'autres dépouillent les prairies des fleurs nouvelles, ou se chargent déjeunes palmiers, dont le feuillage naissant exhale la fraîcheur, et qu'ils transplantent. Joseph partage ces soins : en vain les bergers s'y opposent. L'orgueil et l'oisiveté, dit-il, seraient plus deshonorans pour moi que des occupations au milieu desquelles je suis né; et que je dois repiendre. Mais en secret il pense encore ; Pourrais-je dédaigner jamais des travaux dont Séliraa est l'objet ? Animés par l'exemple de Joseph , et par le désir de lui plaire , ils forment en chantant la cabane, qui semble sortir de terre, et être l'ouvrage d'un moment.
Après avoir donné quelques jours à l'amitié, Joseph s'arrache à ces villageois et au doux asile de la forêt , pour parcouri r l'Egypte et vaquer à des soins importans. Une barque embellie de peintures , de fleurs , et de banderoles de pourpre qui
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flottaient légèrement dans les airs, l'attend aux bords du Nil : un vent favorable enflait la voile. Les bergers accompaguent Joseph jusqu'au rivage : il les embrasse, il entre dans la barque ; on détache les cordages, et l'on part.
via UU LIVBR CINQUIE.U£.