‹ JosephChapitre 63 sur 96 · LIVRE VI. 19 ï · texte numérisé non relu

LIVRE VI. 19 ï

Arrivés aux bords du vaste marais, ils portent au loin leurs regards iucertains. Compapfuons, leur dit Joseph, au lieu de combattre ua ennemi , vous seconderez un flej^ve ami de l'Egypte, et qui vous invite à profiter de ce terrain qu'il forme depuis tant de siècles. Je ne vous conduis pas loin de votre patrie ; d'ici vous voyez les tours de Mempbis , qui vous encourage à la rendre le siège d'un plus grand empire. Ces campagnes, en vous adoucissant les horreurs de la famine, vous paieront avec usure de tous vos travaux. Hàtez-vous donc de prévenir ce fléau redoutable.

Il dit. Semblables à des guerriers qui , à l'heure du combat, brûlent de contenter leur chef et de voler à l'attaque , ces Irou- ])es sont impatientes d'exécuter les ordres de Joseph. Dans l'instant ils conmiencent à creuser à la fols sept canaux qui serviront de lit au fleuve répandu sur cette surface ; des digues favorisent l'ouvrage. D'abord les canaux se touchent, mais ils se séparent en approchant de la mer.

Cependant Ithuriel, qui, dès l'instant où la source du Nil jaillit pour la première iois du sein de la terre, s'occupait à eréer

une Egypte nouvelle, et envoyait jusqu'à l'extrémité du royaume le limon feitllo qui devait l'agrandir, seconde aujourd'hui cette noble entreprise. Il s'élève dans les airs , parcourt toute l'Egypte, franchit les cataractes, le pays du noir Ethiopien, et arrive en Abyssinie. Là il ralentit la rapidité de la source; les torrens se précipitent avec moins de tumulte des rochers de l'Ethiopie ; le fleuve traverse l'Egypte plus paisiblement; et les troupes, occupées à creuser les canaux, voient ave£ une surprise mêlée de joie que le Nil seconde leur travail. Encouragés, ils redoublent leurs efforts; la présence de Joseph les anime; tout accélère l'ouvrage. Ils touchent enfin aux bords de la mer, aussi satisfaits à la vue de cet élément, que le nautonier qui, après une longue navigation, découvre la terre.

Les canaux sont achevés , attendent le fleuve qu'ils doivent conduire à la mer. On ouvre les digues; et le Nil abandonnant la plaine, coule rapidement dans les sept canaux. Chaque troupe, rassemblée devant le lit qu'elle a creusé, jouit de ce spectacle; appuA'ée sur leurs bêches, elle suit de

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