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de faux dieux, que les sages accourent de toutes les contrées pour s'initier dans la connaissance â\\n Etie -suprême , jusqu'à ce que le £];eure humain, sorti de son profond aveuglement, embrasse cette connaissance, et la perpétue à jamais.
Il dit, et, approuvé du roi, il exécute aussitôt ce dessein.
On venait d'élever près de Mcmpliis un teiliple qui, par sa majesté, effaçait tous ceux de l'Egypte, et qui, dévoué à l'idolâtrie, n'en était pas encore souillé. Joseph arrache ce temple à l'erreur, et le consacre à l'Eternel. 11 choisit un petit nombre d'hommes vertueux pour leur confier ce culte, et va trouver Itobal.
Cher ami, lui dit-il, sors d'esclavage. Je ne t'offre pas dc\s grandeurs, je ne remets point entre tes mains l'épée dont s'arma ton courage; ta patrie, maintenant paisible, ne t'appelle point aux combats, et la guerre ne trouble pas l'Egypte : jouis du bonheur de n'avoir pas de sang à répandre. Tu es le premier à qui j'ai fait connaître l'auteur de la nature ; c'est par toi que je voudrais éclairer les nations. Sois le chef de ceux que j'ai préposés au seul culte convenablr
■JUa JOSEPH.
à l'homme ; combats par la persuasion l'erreur et le vice ; établis l'empire de la vertu. Digne ami , exerce la sensibilité de ton cœur, préside à l'amitié sainte qui va unir cette société nouvelle de mortels éclairés et vertueux. Tu n'inviteras pas les hommes à acquérir des connaissances stériles; enseigne la justice et la bienfaisance. Que les guides du genre humain ne s'égarent pas avec lui dans les ténèbres ; forme des sages, des législateurs. Va, Putiphar à ma voix t'a rendu libre; et moi, en dégageant de ses chaînes celui qui, au péril de ses jours, voulut m'arracher au cachot, j'ai satisfait à l'amitié et à la reconnaissance. Il s'attendrit en achevant ces mots. Itobal, ravi, tombe aux pieds de Joseph, qui le relève et l'embrasse.
Suivi des hommes vertueux qu'il préside , Itobal , des bras de Joseph , se rend dans le temple vénérable consacré à l'auteur de la nature. Le roi le premier y porte ses pas; et, s'y faisant initier, achève de s'instruire. Cet exemple est imité de Putiphar. MaintenaT\tle temple attend les sages de toutes les nations. Nouveaux Orphées, Tos chants y deviendront plus sublimes!
Pythagore, Soloii, vous puiserez la vertu dans cette source antique et pure! Et toi, Socrate, c'est du sein de ce séjour que, de sage en sage , parviendra jusqu'à toi la connaissance plus épurée d'un Dieu que t'a enseigné la nature, et qui mettra dans ton àmc l'iiéroïque fermeté par laquelle tu te morjtreras si supérieur aux ennemis qui t'immoleront !
C'est ainsi que Joseph, en nourrissant les peuples , les éclairait.
Au milieu de ces soins, il cherchait quelquefois la solitude pour s'y occuper des objets de sa tendresse, seule distraction qu'il se permît.
Le temps volait d'une aile rapide, sans qu'il pût satisfaire ses plus ardens désirs, lorsqu'un jour où il s'était fortement retracé l'image des siens, on lui annonce des étrangers qui viennent lui demander leur subsistance. Ils sont aussitôt admis. Ils entrent; et, frappés de l'éclat qui l'environne, ils se pi-ostcrnent à ses pieds , baissent leurs fronts vers la terre. L'aîné d'entre eux porte la parole. Vous voyez dix frères, dit-il; daignez secourir une famille nombreuse et infortunée, qui, après avoir connu l'abon-
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(lance, éprouve les hoireuis de la faininr Nous soimneséliangeiseu ce lieu; quoique nous vous apportions cet or, nous n'avons aucun droit à vos soins : mais la renommée a fait entendre jusque dans notre hameau, si éloigné de vous, le bruit de vos vertus , et nous n'avons pas craint d'implorer le protecteur des malheureux.
Aux accens de cette voix Joseph prête l'oreille : il regarde ces étrangers. L'un d'entre eux captive son attention : il était d'une pâleur frappante; il paraissait coupable d'un grand crime , et son œil sombre et agité manifestait le trouble de son àme. Joseph reconnaît Simcon : il est saisi d'une terreur involontaire. En même temps il voit Nephthali, Ruben et ses autres frères: il demeure immobile de surprise. Son premier sentiment est de leur pardonner; il leur ouvre les bras ; et sa bouche est prête à prononcer leurs noms; mais, voulant connaître leurs dispositions secrètes, il réprime ces mouveniens. 11 regarde ses frères comme pour lire au fond de leurs cœurs ; ses yeux, en rencontrant Nephthali , s'attendrissent, et il cherche vainementBenjamii' parmi eux.