‹ JosephChapitre 79 sur 96 · LIVRE VTII · texte numérisé non relu

LIVRE VTII

La nuit, qui, en amenant les ténèbres , ouvre à nos regards le spectacle pompeux de l'univers, régnait sur la face de la terre; et la lune paisible , environnée de sa majesté touchante, gravissait lentement vers les cieux : les fils de Jacob s'étaient retirés pour chercher le repos. Joseph et Benjamin seuls veillaient encore : se tenant par la main, et cherchant un lieu solitaire, ils portaient leurs pas dans la campagne, goûtaient, après les transports les plus vifs, un calme heureux; et leurs âmes, sans l'interprète du discours , s'expliquaient par le langage muet de l'amitié, langage semblable à celui des Intelligences célestes. Le silence de la nuit favorisait leurs sentimens.

Joseph prenant enfin la parole : Mon cher Benjamin, lui dit-il, je suis instruit de ce qiri m'intéresse le plus vivement : Jacob et Sélima n'ont pas succombé à la douleur. Mes frères, livrés aux regrets les» plus amers,

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