‹ JosephChapitre 89 sur 96 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

s.' livrer, une sérénité tranquille éclate sur son front.

Des cèdres et des palmiers dont la tête touchait les nues environnaient, au milieu du hameau, dans un vaste contour et sur une colline , un autel formé de terre, et couvert de gazon. Abraham de ses propres mains l'érigea et planta ces arbres ; ce fut là son temple et celui d'Isaac : à travers ces rameaux s'élevèrent vers le ciel leurs vœux et la fumée de leurs sacrifices ; les cliœurs des oiseaux, qui semblaient chérir cet asile , y faisaient entendre une éternelle harmonie. Lorsqu'on approchait de cette enceinte, l'idée de l'Etre auguste qu'on v adorait, cet hommage si simple et si pur, le souvenir du vénérable fondateur de ce culte, cet ombrage antique et sacré où quelquefois des anges joignaient leurs voix à celles des mortels, la nature entière présente à l'acte le plus solennel de l'homme, et la pensée que, dans toute l'étendue de la terre et dans cette multitude innombrable de temples, ce lieu seul était consacré au maître de l'univers, tout y réveillait des sentimens sublimes, et frappait l'àme d'une religieuse terreur.

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Jacol) monte cette colline, qui , chaque jour airoséL' par ses ordres , et protégée des intelligences célestes, avait été garantie du fiéau qui désolait ce pays. Comme ces montagnes dont la cime élevée au-dessus des nuages, et à j'abri de la foudre et des torrens, conserve sous un ciel toujours serein une verdure éternelle, tandis que leurs pieds sont hérissés de glaces : de même ici les cèdres et les palmiers prodiguaient leur antique ombrage. L'autel était revêtu de gazon et de fleurs, les zéphyrs semblaient s^étre retirés en ce lieu ; et tout le peiij)ie des oiseaux, fuyant des climats dévastés, habitait ce doux asile.

Le vieillard entre dans l'enceinte; Sélima et Benjamin sont à ses côtés, et toute .sa famille envir'jnne Tautel. Il se fait un grand silence; chacun concentre sa joie au fond de son cœur; tous, jusqu'aux enfans , imitent le recueillement de Jacob , qui levant les yeux au ciel, et terrant en main un clievreau :

Dieu d'Abraham et d'Isaac, dit-il, tu es aussi le Dieu de Jacob ; tu ramènes l'allégresse dans nos cabanes, tu ranimes ce cœur paternel flétri par la douleur et pai-

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