LIVRE IX. 3r
fraternel , écoute les sentimens de la nature, regarde comme un don fait à lui-même la délivrance de cette victime belle et innocente; et, ravi que le sang ne souille pas cette fête , et que le deuil n'obscurcisse pas ce jour d'allégresse, il la ramène entre les bras d'un père et d'une mère, qui serrent leur fille contre leur sein , et qui, expirans de douleur, reviennent à la vie.
Tandis que l'Egypte adressait au Nil des hommages religieux, le nom de l'Eternel était prononcé dans le temple qui lui était consacré , et des vœux purs s'élevaient de cette enceinte à la voûte céleste.
Maintenant que Joseph a satisfait aux soins publics et à l'amitié , il va se livrer aux plus doux sentimens. Déjà la cabane isolée où il pleura ses infortunes est couverte d'un beau feuillage; ses amis consacrent à l'embellissement de ce séjour les premières fleurs que voit renaître cette contrée : c'est là qu'il veut serrer les nœuds de son hymen.
Il y conduisait sa famille, lorsque Sélima lui dit : Que ne pouvons-nous former ces heureux liens dans la cabane nuptjalc que tes ninins élevèrent au hameau paternel !
illi JOSF, PH.
Joseph lu; lui fait aucune réponse; et, lorsqu'ils sont entrés dans la forêt, Sélima est agréa})lement frappée de voir la parfaite image de cette cabane. Jacob se profeterne devant l'autel qui lui retrace celui d'Abiahani.
Cependant il conduit à l'écart Jov<;eph et Sélima. Mon fils, dit-il, j'ai quitté pour toi l'habitation de mes pères ; je ne la regrette point , je t'ai revu ; mes derniers jours, ranimés par toi , te seront consacrés, ainsi qu'un fleuve qui, près de se rendre à la mer, se détourne un moment de son cours pour arroser ime riante prairie. Mais quand ta main m'aura fermé les yeux , pourquoi serais-je enseveli dans une teïre étrangère? Promets -moi donc en cette journée solennelle de transporter mes cendres auprès de celles d'Abraham, d'Isaac et de Rachel , aiîa que nous sortions un jour réunis du sein de la poussière.... Cependant ton cœur ne devine-t-il point mes tlésirs ?...
Oui, répond Joseph, l'œil inondé de pleurs... après que je t'aurai rendu ces
derniers devoirs je te ])romets que la
iviort ne nous séparera pas long-temps : je