MÉNAGE ET FINANCES
de Paris. Peilhon, trésorier des bâtiments, avait aussi en dépôt une somme de 4,000 livres dont il lui servait l’intérêt à 5 pour 100.
Ce fut là le noyau destiné à se grossir de tout ce qu’y apporterait le travail du peintre. Mais ce noyau en resta longtemps au même point. L’entreprise des ports, nous l’avons vu, avait fini par se résoudre en une désastreuse affaire. Joseph Vernet n’en sortit pas plus riche. Quand il s’établit à Paris, en 1762, ses capitaux produisaient environ 1,300 livres. Le revenu des tableaux ne dépassait pas 10,000.
Le voilà donc sur le pied d’une fortune de 12,000 livres de rente environ. Ce serait peu aujourd’hui, et ce n’était guère alors pour vivre à Paris avec une famille aussi nombreuse que la sienne. Les dépenses annuelles s’élevaient à 10,000 livres. Heureusement la vogue toujours croissante qui s’attachait aux productions de son pinceau permit à Joseph Yernet d’en hausser les prix. Tel tableau coté par lui 300 livres en 1730, se trouve, en 1764, porté à 1,300. Il suffit de comparer la note des prix donnés au marquis de Maligac pendant son séjour à Rome et celle qu’il envoyait quatorze ans plus tard à Gabriel Mathias. Aussi le peintre se vit-il bientôt en état de placer de nouveaux fonds. Le 30 août 1763 il prenait trois billets de la Compagnie des Indes à 300 livres le billet, et il en donnait un à chacun de ses enfants. Celui d’Emilie, sorti au premier tirage, gagna un lot de 130 livres; Carie eut plus de bonheur encore : le second tirage lui apporta une prime de 3,000 livres. Moyennant un appoint d’égale somme, Joseph Yernet obtint trois contrats de 2,000 livres, qu’il partagea entre Livio, Carie et Emilie, les mettant ainsi chacun en possession d’une rente de 190 livres, fondement de leur fortune à venir.
Userait trop long de suivre Joseph Vernet dans toutes ses opérations financières. Un appendice spécial con-