ANTOINE ET SES VINGT-DEUX ENFANTS
époque à laquelle on le perd de vue pour ne le retrouver qu’en 1742. Où résida-t-il pendant cet intervalle? A Carpentras sans doute ou à Nîmes. Toujours est-il qu’au retour il n’avait plus sa femme, Thérèse Granier. Auprès du veuf s’établit alors, comme une nouvelle Antigone, sa fille Élisabeth, et c’est à elle en effet que nous voyons Joseph Vernet adresser en 1746 une lettre de change de 50 livres, évidemment destinée à son père. Le bonhomme vécut jusqu’au 10 décembre 1753. Il avait soixante-trois ans lorsqu’il mourut. Marié en 1711, veuf en 1741 ou 1742, trente années lui avaient suffi pour mettre au monde ses vingt- deux enfants, chiffre incroyable s’il n’était attesté par la tradition constante de la famille et du pays.
Le premier qui vit le jour fut une fille nommée Louise, née le 7 octobre 1712. Puis vint, en 1714, Claude-Joseph, et deux ans plus tard, le 15 septembre 1716, Jean Antoine. Trois ans après arrivèrent coup sur coup deux filles, Marie-Louise, le 23 février 1719, et, le 13 janvier 1720, Élisabeth Marie. Le 28 décembre 1721 naquirent deux jumeaux, dont l’un, nommé Jean-Baptiste, mourut âgé de quinze jours. En 1723 et 1725, deux nouvelles filles reçurent au baptême, la première les prénoms d’Agathe- Faustine, la seconde ceux d’Anne-Marie. Le 7 juin 1726, Joseph Vernet tenait sur les fonds baptismaux son frère Antoine-Ignace. Le 25 mars 1728 il lui naissait un autre frère, François-Gabriel, et, le 29 mars 1730, un autre encore, Antoine-François. Enfin, le 11 décembre 1732, vint au monde le treizième enfant d’Antoine Vernet, le dernier dont nous connaissions l’acte de naissance, Philippe Bénézet. Il est à remarquer que le père, qui a donné pour parrains et marraines à ses trois derniers enfants leurs propres frères et sœurs, s’adressa cette fois au peintre Philippe Sauvan. On ne se trompera pas en voyant dans ce fait la preuve de relations suivies entre Sauvan