IGNACE VERNET
et Antoine Vernet, et l’année 1732 devra marquer la date à laquelle Joseph reçut de l’habile artiste, élève de Parrocel, des leçons de peinture.
Les neuf derniers enfants d’Antoine Vernet demeurent complètement inconnus, jusqu’à ce que de nouvelles recherches exhument leurs actes de naissance dans les archives de quelque ville voisine d’Avignon. Mais nous n’en avons que faire. Les deux jumeaux de 1721 peuvent encore grossir le nombre des personnages -muets. Onze acteurs suffisent pour la comédie de famille dont les Livres de Vernet vont nous rendre spectateurs.
En 1744 un premier frère se détacha de la bande. C’était Antoine-Ignace. Né en 1723, il avait par conséquent dix-huit ans. Son père lui avait mis de bonne heure le pinceau à main. Il l’envoya à Rome rejoindre le grand frère, qui était en môme temps son parrain. Là où Joseph prospérait, qui empêchait Ignace de faire fortune?
Les deux frères vécurent ensemble à Rome pendant quelque temps. Le parrain montra au filleul ce qu’il savait. Il lui livra les secrets de la peinture de marine. Ignace d’abord se contenta de copier les tableaux de Joseph pour le compte de ce dernier, puis il se mit à les imiter, enfin il en vint à donner le change au public en signant scs propres œuvres de façon à laisser croire qu’ellcâ pouvaient être de son frère. La signature : J. Vernet , commune à Joseph et à Ignace , a répandu dans le commerce des tableaux bon nombre de Tempêtes, de Soleils couchants et de Clairs de lune trop facilement acceptés pour des œuvres du vrai Vernet. Il faut voir dans ce fait la cause de la séparation des deux frères. Ignace se fixa à Naples, s’y maria et y continua son commerce loin de Joseph qui semble avoir pris à tâche d’oublier l’ingrat filleul. S’il avait conservé avec lui quelques relations, les Livres de Raison en auraient gardé la trace. Ce serait une lettre écrite à Naples,