‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 12 sur 232 · LA PEINTURE DE MARINE · texte numérisé non relu

LA PEINTURE DE MARINE

mération des peintres célèbres , cite un certain Ludius qui paraît avoir pratiqué sous le règne d’Auguste le genre mis à la mode au siècle dernier par Joseph Vcrnct. Ludius avant lui a peint des ports de mer et des rivages animés d’une foule de figures.

On comprend sans peine que le spectacle de la mer ait de tout temps inspiré les artistes. L’art traduit ;\ nos yeux ce que dit la nature dans la langue mystérieuse du beau. Or quelle voix de la nature fit jamais entendre de plus sublimes accents que la mer? Mais il ne suffit pas d’entendre la mer ou de la voir pour en faire jaillir la poésie cachée , il faut l’aimer. La peinture de marine n’a réellement fleuri que là où la mer a été aimée. C’est dans les grands ports de commerce , où la mer n’est pas considérée comme un ennemi qui brise la puissance humaine, mais comme un ami qui rapproche les peuples, qui rend communes à tous les richesses des nations éloignées, c’est là que la mer a trouvé de dignes interprètes. C’est aussi dans les ports de guerre, où la mer semble un serviteur fidèle chargé de porter au loin la gloire et la richesse du souverain et un formidable allié prêtant main-forte à ses entreprises. L’école hollandaise a connu ces deux formes de la peinture de marine. Les mômes maîtres les ont pratiquées tour à tour parce que des mômes ports partaient alternativement des escadres de guerre ou des flottes de commerce. Backuisen, Bonaventure Peters, Zeeman, Vande-Velde ont peint également les combats maritimes ou la tempôte, et les ports encombrés de navires. Thomas Wyck, plus spécialement commercial , s’est plu à entasser sur les quais les ballots de marchandises et à placer auprès les riches étrangers qui les apportent. Plus humble et plus tranquille, Willarts a rendu la poésie des plages basses de son pays, pendant que Storck entrechoquait les escadres au milieu des tourbillons de flammes et de fumée.

IG

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