‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 122 sur 232 · HONORÉ GUIBERT · texte numérisé non relu

HONORÉ GUIBERT

pédier à Joseph Vernet sa provision d’huile et quelques denrées du Midi. La troisième est madame Guibert.

Honoré Guibert appartient, ainsi que les Vernet, à une vieille famille avignonnaise. C’est en 17-44, le 13 août, qu’il épousa la quatrième fille d’Antoine Vernet, nommée Agathe Faustine, et âgée de 18 ans. Trois années auparavant, il avait assisté comme témoin au mariage d’un de ses futurs beaux-frères. Guibert était sculpteur, non pas à la façon des Bernus et des Péru, mais d’une façon beaucoup plus modeste. La lettre suivante, écrite par Joseph Vernet à M. de Marigny, nous édifiera sur la nature de son talent :

« Monsieur,

« Les complaisances et les bontés que vous avés pour moy me rendent importun auprès de vous; j’ay eu l’honneur de vous écrire il y a peut de jours pour vous faire sçavoir mon arrivée en cette ville, vous me l’avez ordonné : mon étourderie me fit oublier de vous faire une prière, la voicy :

« Un beau frère, sculpteur, que j’ay à Avignon, dont j’ay eu l’honneur de vous parler et que vous me fittes la grâce de me promettre d’employer dans les bâtiments , s’il vennoit a Paris , pourroit en attendant d’avoir cet avantage faire des bordures pour les tableaux que je peint pour le Roy; U en fairoit a mesure que je fairoit des tableaux; il pourroit se charger de la dorure et les fairoit rendre a Paris comme si elles y avoient esté faittes; je puis avoir l’honneur de vous assurer, Monsieur, qu’elles seroient au moins aussy bien que toultes celles que je puis avoir vû a Paris, et j’ose avancer qu’elles seroient mieux. Pour ctre mieux assuré de ce que j’avance icy on pourroit luy en faire essayer une, et je m’engage a les luy faire faire a deux cents livres ou cents écû meilleur marché que les quatre qu’on a déjà fait pour mes quatre

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