‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 124 sur 232 · INTÉRIEUR DE FAMILLE · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DE FAMILLE

dissertations sentimentales , l’histoire vulgaire de cette famille met en relief l’inépuisable générosité de celui qui, malgré l’insuffisance d’une fortune bornée, s’en constitua le chef et le soutien, son affection toujours en éveil, les ressources infinies et jusqu’aux ruses de sa bienfaisance.

Intérieur de famille. — Le père et ses enfants.

Si le siècle où vécut Joseph Vernet était plus loin de nous, quel prix n’attacherait-on pas aux détails de tout genre dont surabondent les Livres de Raison ! Ils ne nous laissent rien ignorer de sa vie domestique, ils nous conduisent par la main chez lui, à sa table, à son foyer, ils nous montrent comme en une chambre obscure tous les personnages de sa famille, ses connaissances, ses amis; ils nous permettent de compter ses pas au dehors. Quoique cent ans à peine aient passé sur ce tableau de mœurs intimes, acceptons-le tel qu’il se présente. Nous y retrouverons plus d’un trait de notre temps, nous en verrons un plus grand nombre, qui, sans atteindre à la décrépitude archéologique, ont néanmoins assez vieilli pour piquer la curiosité.

C’est en 1763, on s’en souvient, que la famille Vernet vint s’installer aux Galeries du Louvre. L’atelier où brillèrent tant de soleils couchants et où mugirent tant de tempêtes était situé au-dessus du corps-de-garde de la garde invalide, du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois. L’appartement se divisait en appartement de monsieur et appartement de madame. A l’étage supérieur un cabinet de travail réservé à monsieur faisait sans doute retour sur la façade méridionale, car on voit Joseph

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