DINERS ET SPECTACLES. ÎS
tiques, » recueil composé de plusieurs problèmes plaisants et facétieux, où semble pressentie la télégraphie électrique, — « deux brochures de la comtesse Tation, » c’est-à-dire un des tours d’esprit du marquis de Bièvre, dont le vrai titre est Lettre écrite à madame la comtesse Tation par le sieur de Bois flotté, étudiant en droit fil, augmenté de plusieurs notes d’infamie (Amsterdam, 1770); — en un mot des manuels de magie blanche, d’escamotage et de calembours. Cette nomenclature de livres hétérogènes reflète le caractère de Joseph Yernet, un esprit vif, alerte, plus positif que réfléchi, une imagination aventureuse, une humeur vagabonde, avec cela une suprême agilité de main qui improvise les tableaux ainsi qu’un tour de passe-passe, et escamote les difficultés de l’art ni plus ni moins qu’une muscade.
A Paris, aussi bien qu’à Rome, la vie de Joseph Vernet est une vie de plaisirs et de joies, — joies honnêtes, bien entendu, plaisirs permis, tels que peut les aimer un père de famille. Mais, de ceux-là, il ne s’eu refuse aucun. Ce ne sont que parties fines avec les Vanloo et les Coustou, tantôt à Saint-Cloud ou à Yincennes, tantôt à la Râpée ou aux Porcherons, ou bien des dîners intimes, soit chez Trianon, le traiteur de la Croix-Rouge, soit chez Philippe, ou chez Dupré, autre traiteur de bon ton, plus rapproché des galeries; on y va plus souvent en pique-nique, et c’est chez lui que se font les repas de fondation, — « le 5 janvier, veille des rois, — le 10 janvier, souper des dames, mesdames Yanloo, Roslin, etc., — le 19 mars, jour de saint Joseph. » Quelquefois aussi les Yernet traitent chez eux et rendent aux Soufflot leurs politesses; il s’agit de déguster quelque gourmandise expédiée par les amis de province, « la volaille venue de Dieppe, » — « la dinde de Périgueux, » — « le cochon de M. Drovais, » — « le crabbc de La Rochelle. » — Partout l’excellent artiste a laissé de bons souvenirs, et c’est à qui