‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 133 sur 232 · ÉMILIE · texte numérisé non relu

ÉMILIE

on peut le payer. Mais entre M. Bourrély armé de son rudiment, et Deschamps le modèle « qui pose le Christ, » soyez sûr que ni le père ni le fils n’hésitent. Toutes les sympathies sont pour le modèle.

A treize ans, Carie est un peintre : il a deux palettes, le chevalet, le pincellier, la boîte à couleurs et une pierre à broyer. L’année d’après, son père l’emmène avec lui dessiner à Meudon, et le 17 octobre 1773 il reçoit un écu de six livres pour une tête qu’il a peinte. 11 a quinze ans. Dès lors, le voilà hors de page. La Comédie Italienne, le bal de l’Opéra, les courses se partagent son temps. Il est toujours question de chevaux, mais ce ne sont plus des chevaux de bois. Le jeune homme se débrouille et le peintre aussi. Le 14 janvier 1773, Joseph Vernet reçoit deux louis pour un dessus de porte que Carie a peint.

Quant à Émilie, son histoire est courte. Née en 1760, elle est encore bien petite fille lorsque déjà Livio étudie le Livre des Fermes. Elle a pour premier professeur, comme Chariot, une maîtresse d’école qui leur montre à lire dans le môme alphabet. Puis on lui donne le maître à écrire et le maître à danser. Cette éducation sommaire se termine à seize ans par le mariage. Un architecte, qui n’était plus jeune, Jean-François-Thérèse Chalgrin, né en 1739, vit cette jolie personne et la demanda. Intendant des bâtiments de Monsieur, membre de l’Académie d’architecture , il avait déjà construit l’hôtel de la Vrillière, rue Saint-Florentin, et rebâti le Collège Royal. Il offrait à la belle Émilie son cœur et un équipage à deux chevaux . Joseph Vernet l’agréa et lui compta quarante mille livres; puis, comme appoint de la dot, il donna un de ses tablaux représentant les Cascatelles de Tivoli.

On connaît la tragique histoire de madame Chalgrin. Elle était belle et charmante; elle eut en 1778 une fille

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