‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 135 sur 232 · VOYAGE EN SUISSE · texte numérisé non relu

VOYAGE EN SUISSE

sources vives de la nature. M. Girardot de Marigny partait pour la Suisse. Il proposa à Yernet de l’accompagner, et Vernet accepta avec joie. Dans ce pays aux cascades fameuses, il retrouverait sans doute tout l’attirail pittoresque de son paysage, les rochers, les lacs, les monts escarpés. D’ailleurs, lui (pii avait peint la Bergère des Alpes , n’était-il pas un peu tenu d’aller voir comment les Alpes sont faites?

Les voyageurs quittèrent Paris le 16 juin 1778; Carie les accompagnait. A Genève , le docteur Tronchin , l’apôtre de l’inoculation, leur offrit dans sa famille l’hospitalité pendant un mois. Là se trouvait un amateur, nommé Hubert, qui se mêlait de peinture. On fit avec lui l’excursion d’Évian, et M. Hubert força Joseph Vernet d’accepter en souvenir une gouache de sa façon. Les touristes visitèrent Lausanne, le canton de Berne, l’Oberland et Schaffouse. Le 12 août, ils étaient de retour à Paris. Joseph Yernet ne manque pas de nous apprendre ce que lui a coûté le voyage, 2,300 livres environ. Mais il ne dit pas, c’est le catalogue de sa vente qui le dit pour lui , qu’il rapporta de Suisse une vingtaine de dessins d’après nature.

Il songea aussitôt à en faire des tableaux. Au Salon de 1779 furent exposés deux paysages représentant la Chute ou les Cataractes du Rhin à Lauffenbourg, près de Schaffouse , en Suisse, vues des deux côtés opposés. Ils appartenaient à M. Girardot de Marigny, qui les paya le prix convenu de 3,000 livres. Mais soit que la tentative n’eût pas réussi, soit qu’il fût impossible à Joseph Vernet d’étouffer le vieil homme, il s’en tint là, et, tournant le dos à la Suisse, des cataractes du Rhin il revint aux cascatelles de Tivoli. Il fallut se résigner à l’entendre conter pour la centième fois ces contes sus de tous qu’il contait si bien. Le Coucher du soleil avec les baigneuses, l’Orage de terre, le Port de mer, les Marines de jour et de

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