L'ARSENAL DE TOULON
Ions, et dans ces médaillons il représenta les scènes qui lui étaient le plus familières, des ports de mer, des rivages peuplés de pêcheurs ou de belles dames qui attendent l’arrivée des vaisseaux. Toute une école de peintres de marine vint se grouper autour de J. -B. de La Rose, Abeille, Randon, les Julien, les Vanloo, les Volaire; il n’est peut-être pas un artiste du Midi de la France à la fin du xviie siècle qui n’ait passé par l’arsenal de Toulon. Les La Rose s’y succédèrent de père en fils pendant plus de cent ans. Le graveur Rigaud subit cette influence. Yiali ne put s’y soustraire, et ainsi, par Yiali, Joseph Yernet lui-même se rattache à l’école de marine provençale.
L’importance guerrière de Toulon et l’importance commerciale de Marseille expliquent non - seulement l’existence d’une pareille école en Provence , mais aussi l’absence de toute école de ce genre dans les autres ports de la France. C’est que les autres ports de la France ne vivaient pas alors ou ne vivaient que de nos désastres. Quand Brest vit naître le premier des Ozanne, les derniers des La Rose étaient bien près de mourir h Toulon.
Claude Gellée, ce rêveur amoureux de la lumière, en cherchant le triomphe du soleil dans la nature, rencontra la mer par hasard. Il l’aima comme le miroir du soleil, il sut la peindre, mais il ne fut pas à proprement parler un peintre de marine. Cependant il ouvrit à la peinture de marine des voies inexplorées. L’école maritime de la Hollande n’avait été que naturaliste. Claude fonda l’école de l’idéal. Les Hollandais représentaient les ports de leur pays. Claude créa des ports de mer, et, pour les décorer, les plus célèbres édifices de Rome antique et moderne ne lui parurent pas trop riches. Il se préoccupait peu du quai, des marchandises et des figures, pourvu qu’il lit briller dans tout son éclat la puissance rayonnante du soleil devant laquelle la terre et la mer tressaillent et s’illu-