‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 16 sur 232 · ANECDOTES · texte numérisé non relu

ANECDOTES

Ce que J. Vernet a surtout vu à Naples , c’est la nuit. La beauté des nuits de Naples est proverbiale. J. Vernet s’en est nourri et pénétré. Rome révèle les splendeurs du soleil couchant , Naples la volupté amoureuse des clairs de lune. A Naples la nuit n’interrompt pas cette fête perpétuelle des sens qui est la vie de ces heureux rivages. Le ciel ne perd rien de sa transparence et de son éclat. Seulement un astre en remplace un autre. A l’éclat impitoyable du soleil succède la clarté molle de la lune. C’est la même poésie de lumière et de joie avec un voile de mystère de plus. Ce caractère des nuits napolitaines, J. Vernet l’a admirablement senti et admirablemenl exprimé. Ses clairs de lune sont des chefs-d’œuvre.

Telle fut en Italie la triple éducation de J. Vernet. Il y arrivait en possession de son génie, il y reçut les enseignements de la tradition, il y subit les influences de la mode, il s’y trempa surtout à la source vivifiante de toute beauté, la nature. Son talent de peintre ainsi formé, comment sut-il s’en servir pour sa fortune et pour sa gloire? Le chapitre suivant nous l’apprendra.

Anecdotes. — Le Livre de Vérité. — Les étapes du succès.

Les arts à Rome en 1743.

Un jour, à Rome , le tailleur à la mode vit entrer chez lui un jeune homme, modestement vêtu, qui portait un tableau sous son bras. On lui montra des étoiles. Il choisit parmi les plus belles, et commanda un vêtement complet, l’habit, la veste et la culotte. En sortant, il laissa le tableau. — « On le croit d’une bonne main, ditil; mais, ignorant comme je le suis en peinture, je ne saurais y mettre un prix. Faites-lc voir. Votre boutique est le rendez-vous des gens de distinction. Vous me ré-

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