PREMIÈRE PARTIE
La dynastie. — Naissance et premières années. — Le baptême
de la mer.
Le nom de Vernet ne représente pas un de ces génies puissants dont l’individualité s’élève isolée au milieu d’une époque. Les Vernet sont toute une race. Chez eux le môme talent, devenu héréditaire pendant plus de deux siècles, a pu défrayer plusieurs générations : phénomène étrange, mais non sans précédent. Si l’hérédité du génie ne se rencontre dans l’histoire littéraire qu’à titre d’exception, l’histoire de l’art en olfre plus d’un exemple. Comme l’Italie, la France a eu ses dynasties d’artistes, les Puget, les De Troy, les Rcstout, les Coypel, les Vanloo ; et par un privilège singulier la ville d’Avignon en a vu fleurir trois. Nicolas Mignard, qui s’y établit dans la première moitié du xvii* siècle, légua sa gloire à ses deux fils, l’un peintre, l’autre architecte. Quelque temps