LA DYNASTIE DES VERNET
après; Louis Parrocel y devenait le père d’une nombreuse famille dont tous les membres ont tenu le pinceau. Enfin c’est à Avignon qu’est né Joseph Vcrnet, le chef d’une race trois fois illustre.
Lui-mème n’était pas sans aïeux. Aussi haut que l’on remonte dans les origines de la famille Yernet, aussi près de nous que l’on descende, à chaque extrémité de la chaîne, de même qu’à chaque anneau, l’on est sûr de trouver un peintre. Dès 1009, les actes nous donnent le baptême du (ils d’un André Vcrnet, peintre. Horace est mort en 1803. Il semble que la loi de l’antique Égypte, qui prescrivait au fils de suivre la profession de son père, ait été le mot d’ordre de la famille Yernet. Tenons-nous en au père de notre héros, né le 31 juillet 1689, et baptisé du prénom d’Antoine. Celui-là aussi était un peintre.
A celte époque, l’usage des carrosses n’avait pas encore pénétré dans le midi de la France. On se servait presque uniquement de chaises à porteurs, ainsi que le remarqua, à son passage à Avignon, le président De Bi •osses. La mode était de les avoir très-ornées. Des arabesques décoraient les montants et les frises. Le panneau central des côtés et le dos de la boîte offrant de plus larges surfaces, les grands y faisaient peindre, avec leurs armes, des motifs de fantaisie, fleurs, oiseaux ou paysage, souvent môme des scènes champêtres et des mascarades. On voit au musée d’Avignon deux de ces panneaux peints par Antoine. L’un porte un simple écusson. L’autre représente un bouquet de fleurs accompagné d’oiseaux.
Antoine Yernet vivait donc de cette industrie, mais il en vivait pauvrement. Si la fortune lui refusait ses dons, la nature en revanche se montrait à son égard d’une libéralité exceptionnelle. Marié le 0 octobre 1711 à Marie Thérèse Garnier, chaque année, ou à peu près, lui apportait un nouveau rejeton, si bien qu’après trente ans de mariage il avait mis au monde vingt-deux enfants. Posté-