‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 206 sur 232 · VIN DO JOURNAL · texte numérisé non relu

VIN DO JOURNAL

APPENDICE AU JOURNAL

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II se rencontre dans les Livres de Raison un grand nombre de notes sans date précise , ayant trait à un objet particulier. Faute de pouvoir les classer chronologiquement, nous les reléguons à la fin du journal.

On y trouvera réunis, d’une part, les détails que J. Vernet a bien voulu nous donner à diverses époques sur l’état et les progrès de sa fortune ; d’autre part, les notes qu’il prenait parfois sur les estampes gravées d’après ses tableaux, enfin quelques comptes relatifs à son élève Volaire.

11 resterait encore, si l’on voulait épuiser les Livres de Raison , à réunir dans une dernière catégorie les remèdes, les recettes de ménage et recettes du métier qui y tiennent une si grande place. Ce serait grossir notre volume de minuties amusantes quelquefois, mais assurément oiseuses.

Quelques titres pris au hasard parmi les remèdes suffiront à en indiquer la nature et l’intérêt : — « Ptisanne bonne pour le rhume. » — « Sirop excellent pour adoucir la toux. » — «Remède de M. Tronchin pour les douleurs aux nerfs et muscles du col, la tète et les épaules. » — «Remède pour la bile respendüe dans le sang.» — «Remède excellent pour guérir des vapeurs. » — « Pour les piqûres des cousins. » — « Pour la disposition à l’asthme et à la pulmonie, » — et, pêle-mêle, — « Pour faire de quoy noircir les souliers, » — « Recette du sirop de vinaigre. » — a Quand il faut semer les Brocoly. » — « Pour faire trente livres de bon chocolat. » — Notons seulement en passant le remède « pour les maux de gorge violents où il y a abcez, » qui n’est autre que l’insufflation de l’alun; l’incroyable recette « pour les rhumatismes en quelque partie du corps que ce soit » laquelle consiste à prendre un morceau de bougie assujetti sur une assiette, et, une fois couché dans son lit, à mettre l’assiette avec la bougie allumée entre ses jambes ; « On se couvre bien et l’on reste dans cette situation pendant trois heures. » — Ce singulier bain de vapeur a son pendant dans la facétieuse recette pour se garantir de certains insectes nocturnes : — «Prennezla plante appelée yeble ou petit sureau, garnissez-en votre lit vers le chevet et autour tous les deux ou trois jours, les punaises ne meurent pas, mais elles vous laissent tranquille. » — C’est toujours cela de gagné.

Dans les recettes de métier se trouve peut-être enfoui quelque procédé précieux. Comme tous les artistes, J. Vernet était à la recherche d’un bon vernis. Il a grand soin de noter celui qu'on trouve « chezBadoulleau epicier, au bout de larüe Saint-Germain-l’Auxerrois, à la porte de Paris, à l’endroit appelé la Pierre-au-Lait, » — celui que lui a donné M. Lecan, peintre, — celui de M. Le Prince, — celui de madame Therbouche, peintresse du roi de Prusse. Il y joint la méthode de M. Gourville pour dégraisser l’huile de noix, — l’indication des couleurs et toiles que l’on trouve à Anvers « chez M. Martenasie, graveur et marchand de couleurs,

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à l’enseigne de la Grosse-Tête, sur la place du Mecre, » — celle de la terre « comme du stil de grain d’Angleterre, du sieur Maillard , marchand ferblantier cul-de-sac du Coc, sous le portique du vieux Louvre;» — la manière de fabriquer le marbre factice, etc., etc. Dans cette catégorie il n’y aurait à reproduire que la « méthode et façon de peindre de M. Casanova» si déjà nous n’en avions donné le texte dans les Archives de l’Art français. (Tome III, page 362.)

Mais laissons la pharmacie et la cuisine, et voyons Joseph Vernet aux prises avec la question d’argent.

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