‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 23 sur 232 · INTÉRIEUR DE VERNET A ROME · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DE VERNET A ROME

1745, les deux frères vivaient ensemble à Rome. Passé celte époque, il n’est plus question d’Ignace dans le Jowrnal, si ce n’est en 1750, à propos d’une copie de sa main que Joseph Vernet» laissait chez lui en partant pour la France, et bien longtemps après, pour un fait qui trouvera mieux sa place ailleurs.

Il semble que ce voyage de Naples, en rapprochant Joseph Yernet d’une nature dont il aimait à s’inspirer, lui communiqua une verve nouvelle. A peine de retour, il voit les amateurs se presser à sa porte. Les travaux pieuvent sur lui; mais il leur tient tète, et son activité suffit à tout. En 1745, près de quarante tableaux lui avaient été demandés. En 1746, il en inscrit à peu près autant sur le Livre de Vérité, et le total des prix, indiqué pour quelques-unes de ces commandes seulement, s’élève à la somme de neuf mille livres. Tel est à celte époque le revenu annuel du talent de Joseph Yernet. Tel est l’essor de sa fortune. Elle commence au moment même où de nouvelles charges viennent fondre sur lui.

En effet, un mariage tel que le sien, contracté sous les plus heureux auspices, ne pouvait manquer d’être béni. En 1747, la signora Virginia lui donnait un fds, qui reçut au baptême le nom de Livio. Trois ans plus tard, en 1750, la famille s’augmenta d’un second fils. Toutefois, ni l’un ni l’autre ne devaient continuer la gloire du père. Livio, devenu commis aux Fermes, puis régisseur des tabacs, traîna jusqu’au commencement de ce siècle une existence obscure. Le second mourut au berceau; mais du moins il laissa, comme un héritage dans la famille Yernet, son prénom d’Orazio. 11 était réservé au troisième enfant de Joseph Yernet, de succéder aux glorieuses destinées du père, et, en plaçant sur la tête de son propre fils ce prénom d’Horace, de le vouer à une nouvelle et dernière illustration.

Mais n’anticipons pas, et restons à Rome où le peintre

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