CLIENTÈLE FRANÇAISE
de France, duc de Nivernais, fidèle à l’exemple de ses prédécesseurs, comme si désormais on ne pouvait représenter dignement la France à Rome sans commander des tableaux à Yernet. C’est le marquis de Bellay; celui-ci se mêlait de peinture, il paye en commandes les leçons qu’il reçoit; le maître, pour ne pas être en reste de politesses, lui fait les honneurs des galeries et des villas, et lui expédie ensuite en France, avec deux tableaux de sa main, deux petites statues, une Tête exécutée parVien et une provision de pinceaux, couleurs et papiers. C’est encore le marquis de Forbin, un des membres de celle illustre famille qui fait remonter sa noblesse jusqu’à la guerre de Troie. 11 y avait des Forbin à Aix, il y en avait à Avignon. Celui-ci paraît être de la branche avignonnaise. Un de scs compatriotes, M. de Mornas, commandait vers le môme temps deux paysages. Comme celte commande est immédiatement suivie d’une autre apportée d’Avignon par M. Sauvan, il est permis de croire que ce dernier apporta les deux à la fois. Philippe Sauvan a été sinon le premier maître, du moins un des premiers maîtres de J. Yernet. Il s’agirait ici de son fils Pierre, né en 1722, qui mourut à Bilbao après avoir dirigé l’Académie de peinture de Valence en Espagne.
Les tableaux exposés aux Salons de 1748 et de 173U appartenaient tous à cet amateur insatiable que l’on a déjà vu à l’œuvre, le marquis de Yilletle. Son frère, directeur des postes à Lyon, partageait la môme passion. Tous deux auraient suffi à dévaliser le talent de J. Vernet, s’il n’avait eu sur les bras la moitié de l’Europe. Un autre amateur leur disputait dès lors l’honneur de posséder les meilleurs ouvrages de leur peintre favori. Compatriote de J. Yernet, Peilhon appartenait à une famille chez laquelle le goût des beaux-arts était héréditaire. On montre encore à Avignon la maison des Peilhon, décorée à l’extérieur de fines sculptures, et plus richement ornée