CLIENTÈLE FRANÇAISE
ail dedans, où s’est longtemps conservé un beau tableau de bataille de Nicolas Mignard. Peilhon, s’étant pourvu d’une charge de conseiller secrétaire du roi, alla prendre gîte à Paris, rue Ncuve-des-Petits-Champs. Son fils, Pierre-Gabriel, y devint trésorier des bâtiments, et en cette qualité il eut plus d’une fois occasion de rendre service à J. Vernet, dont il se fit le banquier. En 4741) le père se contentait de lui envoyer des commandes motivées qui ne sont pas une des moindres curiosités des Livres de liaison : — « Pour M. Peilhon un tableau devant représenter un soleil couchant dans un jour des plus chauds de l’été, avec un quay orné de superbes édifices, de toute sorte de bastiments maritimes et de beaucoup de figures, et de l’autre costé des grands arbres touffus sur un tairain qui avance dans la mer où sont abordés quelques bateaux, et des baigneuses sous la fraîcheur dosdits arbres; tout le tableau doit être d’un ton doré et
chaud » Dans une autre commande, postérieure de
trois ans à celle-ci, Peilhon intervient plus directement encore et dicte en quelque sorte au paysagiste un paysage tout fait, « un soleil couchant où l’on voye le disque du soleil qui commence à être caché par horizon de la mer, et dans une vapeur rougeâtre qui fait que pour lors on peut regarderie soleil et qui ne laisse pas que d’éblouir. » Plus tard, quand J. Yernet sera établi â Paris, il nous introduira dans le cabinet de Peilhon et dans celui du marquis de Yillctte, et nous pourrons ainsi décrire avec plus de détails les tableaux peints par lui pour ces amateurs.
Les applaudissements des critiques parisiens eurent encore pour résultat de mettre J. Vernet en bonne odeur auprès des gens de lettres. Or on sait de quelle importance est pour un artiste français la faveur des gens de lettres, dans un pays où le goût littéraire prévaudra toujours sur le goût des beaux-arts. Les deux frères LaCurne et Sainte-Palaye, ces deux jumeaux, l’un mem-