‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 28 sur 232 · LES GENS DE LETTRES · texte numérisé non relu

LES GENS DE LETTRES

bre de l’Académie française et l’antre de l’Académie des Inscriptions, dans le second voyage qu’ils firent en Italie en 1749, allèrent voir ce peintre dont les œuvres avaient eu les honneurs du Salon. Mais plus séduit par sa facilité d’improvisation que par les qualités sérieuses de son talent, M. de La Curne préféra emporter deux paysages au premier coup, c’est-à-dirc deux de ces tableautins que la main preste de J. Vernet brossait en quelques heures, entre le déjeuner et le dîner. Il y avait là matière à anecdote. Ile retour à Paris, il fut si heureux de pouvoir raconter à tous ce tour de force exécuté sous scs yeux, qu’il en redemanda deux autres. Puis enfin, honteux de ne posséder que des ébauches, il se décida à vouloir un tableau de deux pieds, « avec un peu d’architecture, et bien orné de figures. » Notez ce point. Ce qui lui plaît chez J. Vernet, c’est avant tout l'homme d’es- j prit.

Vers la môme époque J. Vernet exécuta un petit tableau de 300 livres pour La Bruère , directeur du Mercure, qui était venu à Borne en 1750 et qui y mourut en 1754. Le Mercure de France publiait régulièrement un compte rendu des Salons. Jusqu’en 1750 le rédacteur de ce compte rendu avait passé à côté des tableaux de Vernet sans les apercevoir. La commande de La Bruère lui ouvrit les yeux, et dès lors à chaque salon le Mercure sut réserver pour J. Vernet scs appréciations les plus douces. Quand le privilège de ce doyen des recueils périodiques passa des mains de La Bruère dans celles de Boissy, puis dans celles de Marmontel, il semble que l’éloge des œuvres de Vernet ait été une des charges de la succession, car jamais la plume du Mercure ne se départit de cette bienveillance héréditaire.

En 1750, Rome vit arriver dans ses murs une petite caravane à laquelle on fit une réception princière. C’était un quasi-prince en effet, comme sa sœur était une

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