AMATEURS MARSEILLAIS
l’enseignement du dessin s’étendait jusqu’au modèle vivant et à l’anatomie, écoles qui avaient pour protecteurs et garants de leur existence les artistes et les amateurs les plus distingués de la ville, unis entre eux par les liens fraternels d’une société académique.
Joseph Vernet ne fut pas étranger sans doute à la fondation de l’Académie de Marseille. La date de cette fondation coïncide trop bien avec celle de son dernier voyage. D’ailleurs l’académie naissante, après s’êtrc placée, sous le patronage du marquis de Marigny, protecteur-né des sociétés du même genre, et après avoir choisi pour directeur perpétuel l’illustre Dandré Bardon, ainsi que l’appelait Natoire , inscrivit le nom de J. Vernet en tête de ceux des académiciens à qui elle décernait le titre de membres d’honneur.
A son premier voyage à Marseille J. Vernet ne recueillit aucune commande : dès le second il se vit à la mode. En elfet, s’il est un genre de peinture qui doive trouver grâce aux yeux d’une ville maritime, c’est la peinture de marine. On s’empressa autour du nouveau débarqué. Le directeur des fermes, Jean Charles de Calas, seigneur de Villepeys, lui avait procuré pour un de ses amis la commande de deux tableaux. Noguier de Malijay, receveur général des finances, ne crut pas pouvoir donner un meilleur pendant à un paysage de Karel Dujardin qu’un paysage de Vernet. M. de Fontainieu, qui devint en 1763 honoraire amateur de l’Académie de Marseille, possédait dans son hôtel de la place Noaillcs une belle collection de tableaux des trois écoles. Il y adjoignit en 1753 deux marines de Vernet. Le marquis de Bausset, amateur distingué qui a gravé quelques pièces à l’eau-forte d’après Vande Veldc et autres, voulut avoir de ce successeur de Vande Velde une marine et un paysage.... «la marine doit être un calme avec ufi couchant bien chaud et d’un ton fort et vigoureux sur les terrains, et le paysage doit