‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 42 sur 232 · JOSEPH VERNET A AVIGNON · texte numérisé non relu

JOSEPH VERNET A AVIGNON

blir à Naples, où on le baptisa le chevalier Volaire. Il s’est acquis sous ce nom une réputation de second ordre parfaitement justifiée par les éruptions du Vésuve qu’il nous a été possible de voir. Les qualités qu’il déploya dans cette spécialité, aussi bien que dans divers tableaux de marine, font du chevalier Volaire le digne élève et le meilleur des imitateurs de Joseph Vernet.

Au mois de mai 1756, les tableaux de Toulon et d’Antibes étaient presque achevés. Après plus de six mois d’un travail incessant, le peintre éprouvait le besoin du repos. 11 écrivit à M. de Marigny, le 16 mai, pour lui demander l’autorisation d’aller prendre ses quartiers d’été à Avignon, sa patrie. Mais, soit que la réponse se fit attendre, soit qu’il fallût renouveler la demande, Joseph Vernet ne quitta Toulon qu’au commencement de juillet. Il arriva le 3 à Avignon.

Ce n’était pas la première fois que l’artiste nomade revoyait sa ville natale depuis son départ pour l’Italie. Déjà, en 1753, il y était revenu pour embrasser son vieux père Antoine, qui rendit le dernier soupir entre ses bras, le 10 décembre de cette année. Il eut le temps, au milieu de ces émotions douloureuses, de peindre deux tableaux pour M. Regny ou Régnier, consul à Gênes, et il recueillit quelques commandes. Mais cette courte apparition et les motifs qui la provoquaient n’avaient pas permis à ses compatriotes de le fêter dignement. Cette fois, Joseph Vernet arrivait à Avignon environné du double prestige de sa gloire acquise en Italie et de la gloire nouvelle amassée sur sa tête par la mission dont le roi l’honorait. Aussi, la fleur de la noblesse comtadine, fidèle aux traditions de M. de Caumont, s’empressa chez le fils de son ancien peintre de chaises. On l’avait vu partir pauvre, humble, inconnu, et maintenant son talent lui avait fait une quasi-noblesse. Le baron de Montfaucon accourut un des premiers. Dans

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