SÉJOUR A BORDEAUX
Liéneau frères, et Guis, grand collectionneur d’estampes ; M. Journu, négociant et juge consulaire, père de Journu-Auber, comte de Tustal, qui donna à sa ville natale le cabinet de son père, augmenté par ses soins, et devint ainsi le premier fondateur du musée de Bordeaux. Journu possédait de très-bons tableaux d’anciens maîtres et quelques peintures modernes. Le séjour de Joseph Vernet à Bordeaux fut pour lui une bonne fortune ; il lui permit de s’enrichir de quatre marines. M. Morel et le marquis de Roally surent aussi prouver au peintre des ports l’intérêt qu’ils lui portaient, en lui demandant chacun deux tableaux de mille livres. A part ces commandes, les amateurs de Bordeaux, moins nombreux d’ailleurs que ceux de Marseille, se montrèrent moins généreux. Avec leur souvenir ont disparu les peintures que Joseph Vernet leur avait laissées. Le Musée possède une petite marine acquise récemment. A l’exposition d’œuvres anciennes qui eut lieu en 1832, figuraient trois tableaux de Joseph Vernet. Mais l’un d’eux, le Soleil couchant , n’a été peint pour le marquis de Saint-Marc, son premier possesseur, que très-postérieurement au séjour de Joseph Vernet; quant aux deux autres, la Fête champêtre et les Joueurs de quilles, leur sujet n’a aucune analogie avec ceux des tableaux mentionnés par les Livres de Raison.
A Bordeaux comme à Marseille, Joseph Vernet se repose de peindre pour le roi en travaillant pour les particuliers. C’est là qu’il exécuta les cinq tableaux que lui avait demandés, en 1736, le duc de Bridgewater, un des amateurs anglais qui achetèrent, en 1769, la galerie du duc d’Orléans. 11 termina les Quatre parties du jour que réclamait vainement, depuis 1734, le chevalier Henry, amateur irlandais. Il fit aussi, pour le marquis de Marigny, un Paysage avec des lavandières , exposé au Salon de 1737. Quelques commandes importantes lui arri-