JOSEPH VERNET A LA ROCHELLE
retrouve les chaises, que l’on garde jusqu’à La Rochelle, et c’est ainsi qu’au bout de vingt jours on arrive à destination, après avoir fait près de cent lieues et dépensé 1,200 livres.
IY
La Rochelle. — Rochefort. — Vernet et M. Corot. — Le? quatre tableaux du Dauphin. — Un secret.
Le premier soin de J. Vernet à La Rochelle, c’est de conduire ses enfants aux marionnettes. A peine a-t-il des fagots dans son nouveau domicile, déjà il l’encombre de ces riens qui font le bonheur des enfants, ((petites boulles pour Chariot, des quilles, un petit cheval, un petit chien, un charrio,» les jouets d’aujourd’hui, les jouets de tous les temps. Livio, qui ne joue plus , reçoit un beau chapeau garni d’un bourdaloue en or; Emilie, qui ne joue pas encore, un bourrelet et des rubans. Toute cette garde-robe enfantine est si fidèlement décrite , qu’on voit d’ici ces petits êtres remplir de rires ou de pleurs l’atelier de leur père, ltappelez-vous la Gouvernante de Chardin, voilà Livio, dans son juste-au-corps bien ajusté, au moment de partir pour l’école. Rappelez -vous le Bénédicité , la Mère laborieuse , la Petite fille au moulinet, voilà Emilie. Le Jeune dessinateur vous montrera Chariot préludant au talent de Carie. C’est dans Chardin , c’est dans l’œuvre gravé de ce maître paternel et bourgeois, qu’il faut chercher les détails de costumes et de jeux indiqués par les notes de J. Vernet, un autre bourgeois, un autre père.
En s’établissant à La Rochelle, J. Vernet avait fait comme les enfants qu’un élan trop vigoureux conduit au delà du but. Il aurait pu s’arrêter à Rochefort. Mais l’Itinéraire ne lui demandait pas seulement la vue de