LES QUATRE TABLEAUX DU DAUPHIN
madame Barvet, se bornèrent à des prêts de musique ou de pastels; si M. de Chaville, directeur des fortifications, M. Nordin et M. Hèbre se contentèrent de s’inscrire au nombre des souscripteurs des estampes des ports, il fit pour M. d’Abbadie des tableaux dont les Livres de Raison n’ont pas gardé le souvenir. Il gagna dès lors le cœur de M. Carré des Yarennes, qui, plus tard, lui envoya plusieurs commandes; enfin, la connaissance deM. Prévost et'de M. De Lacroix lui valut celle d’un précieux ami, M. Girardot de Marigny.
C’est pour un de ces amateurs que furent peints les cinq panneaux découverts récemment à La Rochelle. Le plus grand ne mesure pas moins de six mètres de longueur sur deux mètres de haut. Il représente une tempête. Les autres, de dimensions moins considérables, sont une éruption du Vésuve, un clair de lune , un soleil levant et un soleil couchant. Comme Joseph Vernet n’a passé qu’un an à La Rochelle, il nous paraît difficile d’admettre que ces importantes peintures aient été exécutées sur place. Son journal atteste d’ailleurs qu’il y employa son temps à peindre quatre tableaux pour la bibliothèque du Dauphin, père de Louis XVI. — « J’ai commencé, dit-il , à finir les quatre tableaux pour Mgr le Dauphin, le 6 avril 1762, après y avoir travaillé six jours pour les ébaucher. » — Il les acheva avec la même rapidité, car tous quatre portent, à la suite de la signature du peintre, la date de 1762.
Une critique du Salon de 1763 nous apprend que ces quatre tableaux, qui représentaient les quatre parties du jour, étaient des dessus de porte. «Je puis vous assurer, ajoute l’auteur, qu’il n’y a qu’un souverain qui puisse en avoir de pareils. » En effet, on n’a qu’à les voir au Louvre; ils justifient tous les éloges dont ils furent alors l’objet. Dans le Matin, une ombre crépusculaire voile encore les premiers plans : des pêcheurs abordent, leurs