JOSEPH VERNET A L’ACADÉMIE
live y était occupée par son frère , Michel- Ange Challe , dessinateur du cabinet du roi. Ce dernier avait épousé une des filles de Nattier, pendant que Tocqué, l’habile peintre de portraits, épousait l’autre. Madame Tocqué et madame Challe accueillirent madame Vernet comme une amie. Les Coustou aussi étaient deux frères. Joseph Vernet n’avait connu à Rome que le cadet, Pierre-Charles, l’architecte, surnommé le Romain. Il se lia avec l’aîné, Guillaume, le sculpteur. Mesdames Coustou devinrent à leur tour les compagnes inséparables de madame Vernet. L’âme de cette société féminine était madame Carie Vanloo, fille du musicien Sommis, et sa nièce, la femme de Louis-Michel Vanloo, le portraitiste. On se réunissait pour faire de la musique chez Carie, dont le salon était ouvert à tout ce que Paris comptait d’artistes de mérite. On se donnait rendez-vous à Sèvres ou à Saint-Cloud. Ensemble on courait les bois, on goûtait sur l’herbe, et tous les ans, le 2 janvier, avait lieu , chez l’un ou l’autre des hôtes des Galeries, le « souper des dames, » fourni par le traiteur, sorte de pique-nique où chacune payait son écot.
Joseph Vernet retrouvait encore sur les fauteuils académiques le peintre Louis le Lorrain , l’ancien compagnon de ses chasses en Italie ; les graveurs Cochin et Le Bas, devenus d’autant plus ses amis, que leur burin s’exerçait, non sans profit, à interpréter ses œuvres; Laurent Cars, qu’il avait visité à un de ses précédents voyages; Wille, avec qui il avait échangé plusieurs lettres pendant son séjour à Bayonne. Wille n’a rien gravé d’après Vernet, si ce n’est par la main de son élève Zingg. Vernet cependant se hâta de lui faire visite le 13 «avril 1763. Mais entre le flegmatique buriniste «allemand et le peintre méridional aux vives allures, il ne s’établit et il ne pouvait s’établir que des relations de simple politesse bientôt interrompues.