‹ Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècleChapitre 81 sur 232 · DID&ROT. — SALON DE · texte numérisé non relu

DID&ROT. — SALON DE

trait qui part d’une imagination souvent dupe d’ellemême. — «Quel ciel! quelles eaux! quelles roches! quelle profondeur! comme cette lumière éclaire les eaux!... Il se répète un peu dans ses scènes de naufrage; mômes figures, monotonie d’attitude et de situations. Perdu dans les petits sujets ; alors paysages sans âme et sans vérité, arbres sans tons ni nuances. » (N° 40.) — «Frais, vrai; silence de la nuit, reflet, ondulation de la lumière argentée; feu artificiel contrastant avec la lumière de la lune et surtout avec les masses noires du ciel, contraste pittoresque et frappant. » (N° 42.) — «Mauvais arbres à la marine avec des baigneuses. Soleil couchant aussi beau que jamais. » (N° 43).

Diderot n’a pas fait le Salon de 1773. On doit regretter pour Vernet qu’il ait fait celui de 1773 *. A l’appréciation de ses œuvres se trouvent môlées des insinuations malveillantes qui étonnent de la part d’un homme si résolu à le louer. Ce Salon, en forme de dialogue, reproduit une conversation que Diderot dit avoir eue avec un jeune peintre récemment refusé à l’Académie, nommé Saint-Quentin. — « Je ne pourrai donc pas, s’écrie ce dernier, me venger d’un homme faux, qui s’est montré mon plus cruel ennemi? — Mais il me semble, répond Diderot, que Vernet n’a pas trop à se louer de vous. — Je suis bien loin, reprend l’autre, d’avoir à me louer de lui. Si vous saviez le mal qu’il m’a fait ! Il m’a cassé le cou. Quand je le consultais sur mes tableaux, il n’avait qu’à me dire, car je sais entendre la vérité : Cela est mauvais, je ne présenterais pas cela; vous vous exposez à un refus... J’aurais suivi son conseil et je l’aurais embrassé. Mais me trahir ! mais m’immoler à des plaisanteries ! C’est que cet homme, habile d’ailleurs, est sans caractère, et que, pour me distraire

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