ALEXANDRE DE BEAU HARNAIS
ALEXANDRE DE EEAUHARNAIS
Durant que Joséphine mène celte vie aux Trois- Ilets et à Fort-Royal, qu'est devenu Alexandre de Beauharnais?
Plusieurs années, il est resté aux mains de M'"° Tascher la mère : et l'on peut croire que ce fut seulement à la mort de M"'^ de Beauharnais qu'on songea à le faire revenir de la Martinique. On peut même fixer approximativement son retour vers la fin de 1769. Il se trouve en efïet, aux rei^islres paroissiaux de l'église Saint- Sulpice de Paris, un acte de baptême, en date du 15 janvier 1770, s'appliquantà Alexandre-François-Marie, né à la Martinique le 28 du mois .de mai 1760, sur la paroisse de Saint-Loùis du Fort-Royal, ondoyé le 10 juin delà même année par le frère Ambroise, capucin, curé. Les cérémonies du baptême lui sont donc suppléées djx ans seulement après l'ondoiement; mais, paraît-il, cet ondoiement est inscrit comme baptême aux registres de Saint-Louis. S'il en est ainsi et que
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le Laptùme ait été réitéré, est-ce, de la part des parents, négligence, indifférence ou intérêt? Ne savent-ils pas que, pour les canonistes, « la réitération du baptême est un crime si énorme qu'il est appelé dans le droit : Res nefanda, inunanissimum sceii/s? » JN'ont-ils vu là qu'une facilité pour se procurer les extraits toujours requis? Ou peut-on penser qu'il existe une autre raison moins avouable?
En tout cas, c'est JM""' Renaudin, « haute el puissante dame Marie-Eupliémie-Désirée Tascher de la Pageric, épousede M. Renaudin, écuyer, ancien major de l'île de Sainte-Lucie », que donne pour marraine à son fils, « baut et puissant seigneur messire François de Beaubarnais, cbevalier, marquis de la Ferté-Beaubarnais, baron de Beauville, seigneur de Mauroy, Prouville, etc., etc., cbevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, gouverneur général des îles du Vent de l'Amérique, cbef d'escadre des Armées navales », en lui associant pour parrain, « baut et puissant seigneur messire François-Marie Pyvard, cbevalier, seigneur de Ghastulé, cbevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, capitaine aux Gardes françaises ».
11 faut pourtant songer à l'instruction du nouveau baptisé, car ce n'est point à la Martinique qu'il a pu recevoir une éducation bien complète. Sans doute, il rejoint quelque temps son frère aîné au collège du Plcssis, devenu, depuis son rétablissement par Ricbelieu, grâce àl'administration des deux abbés Gobinet, le rival de Louis-le-Grand, « le collège qu'ont fréquenté les enfants des familles riches qui ne voulaient point
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entendre parler des Jésuites », et demeuré, après la fermeture et la réorganisation de Louis-le-Grand, presque le seul établissement d'instruction secondaire où les jeunes gentilshommes trouvent, avec la discipline appropriée, un enseignement de haut vol et une société de l6«r goût.
Les jeunes Bcauharnais y ont conservé, comme d'usage, leur précepteur particulier, M. Patricol, ancien professeur de mathématiques, et ne prennent des classes que ce qui leur convient : bientôt d'ailleurs, ils sont, par leur père, envoyés, avec Patricol, à l'Université de Heidelberg où, pour apprendre la langue allemande, ils font un séjour de près de deux années. Ensuite, à diverses reprises, on rencontre Alexandre à Blois, chez sa grand'mère, M'"° Pyvart de Ghastulé, laquelle semble avoir pris son parti des relations de son gendre avec M™® Renaudin au point d'entretenir avec elle une sorte de correspondance ; seul moyen peut-être qu'elle ait trouvé d'obtenir près d'elle ses petits-fils.
En 1774, l'aîné des Beauharnais étant entré au service , Patricol est engagé , par le duc de la Rochefoucauld, pour servir de précepteur aux deux fils de sa sœur, Rohan-Ghabot, et il amène avec lui Alexandre; c'est de cette façon que celui-ci se trouve passer à la Roche-Guyon une partie dé sa jeunesse, les années sans doute les plus intéressantes au poiat de vue de la formation intellectuelle et morale ; c'est comme commensal, comme compagnon de jeux et d'études des jeunes Ghabot, nullement comme parent, comme on