JOSEPHINE UK BEAU HARNAIS
de la rue Thévenot à Noisy. Elle revient à Paris pour son terme et, le 3 septembre 1781, accouche rue Thévenot d'un enfant mâle qui est baptisé le lendemain en l'église Saint-Sauveur, rue Saint-Denis, et reçoit les prénoms d'Eugène-Rose. Il a pour parrain son grandpère paternel, le marquis, et pour marraine, sa grand'mère maternelle, M"" de la Pagerie (Rose Desvergers de Sanois) représentée par M'"" Renaudin.Le vicomte, revenu pour les couches, assiste à la cérémonie, ainsi que l'inévitable M. Bégon et M. de la Pagerie qui a sans cesse relardé son retour à la Martinique sur l'espoir d'obtenir quelque grâce de la Cour. Sans doute, l'année précédente, le 22 avril 1780, ses services militaires lui ont valu la croix de Saint-Louis et c'a été le le marquis de Beauharnais qui a été chargé de le recevoir, mais si celte faveur est déjà surprenante — car, pour que l'on passe à M. de la Pagerie d'avoir quitté son poste de capitaine des dragons de la milice de Sainte-Lucie au moment oii cette île a été attaquée par les Anglais, pour qu'on lui compte pour services militaires, le temps qu'il a porté le tilre de capitaine de milice dans une colonie occupée par l'ennemi, il faut sans doute quelque crédit dans les bureaux — si c'est déjà une faveur, une croix n'emplit pas la bourse, et ce que M. de la Pagerie eût souhaité surtout, c'eût été une augmentation de pension, à quoi l'on comprend que les ministres flssent résistance. Mais il ne se lassait point : d'ailleurs la maison était bonne et il ne lui en coûtait rien. Outre le vivre et le couvert, il y trouvait môme de l'argent, car
c'est là qu'il emprunte, le 26 avril, de M"® Renaudin cette somme de 26 000 livres dont il ne paya jamais un sol d'intérêt, si bien qu'en 1791, on en réclamait à sa veuve neuf années et demie.
Le baptême fait, l'accouchée rétablie, Alexandre paraît se souci&r aussi peu du fils qu'il vient d'avoir que de la femme qui le lui a donné : il recommence si bien à jouir de Paris que M™® Renaudin décide qu'un voyage un peu long lui est nécessaire et qu'elle le détermine à partir pour l'Ilalie.
Il est en route le 1" novembre, s'embarque à Anlibes, relâche à Gênes : en quel esprit de déclamation, de fausse misanthropie, c'est ce qu'il faut voir : a Je m'imagine, écrit-il à M"® Renaudin, que vous avez déjà quitté Noisy et je vous vois, à présent, dans notre capitale qui va être bien brillante cet hiver : des illuminations, des fêtes publiques vont vous faire passer rapidement tous vos moments. Mes plaisirs à moi seront d'une autre nature et achetés par des peines. L'admiration d'un tableau, d'une statue, d'une colonne; l'étude des chefs-d'œuvre qu'ontfaits les hommes dans un temps oii les arts ont été poussés au plus haut degré de perfection sera une occupation qui me consolera d'un éloignement qui me coûte, je vous jure, plus qu'on ne pense (au moihs. ceux qui sont habitués à ne pas me rendre justice), mais éloignement qui, depuis que je suis hors de ma patrie, m'a fait verser souvent des larmes. » iN'est-ce point là le ton que doit prendre un élève de Rousseau, et n'est-ce pas ainsi que doit se présenter un génie incompris, méconnu,
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persécuté? L'antithèse n'est-elle point belle et ne convient-il pas de s'attendrir?
Aussi bien, le vicomte n'en prend pas moins à Rome sa part de toutes les fêtes et, durant six mois, ne s'en donne pas moins tous les airs de l'amateur des arts. A son retour, le 29 juillet 1782, il semble un peu calmé, et il a pour sa femme des attentions. « Il paraît enchanté de se retrouver avec elle. « On est d'ailleurs dans un cadre nouveau et le beau-père La Pagerie, désespérant de faire reconnaître ses services, a enfin regagné son île. Quittant l'hôtel de la rue Thévenot, le marquis s'est transporté avec sa bru et M"° Renaudin, dans un hôtel dont Alexandre est devenu, en son absence, le principal locataire et qui est sis en un quartier neuf et plus au goût du jour, rue Neuve- Saint-Charles, un bout de rue qui prolonge la rue de la Pépinière, entre la rue deCourcelles et le faubourg Saint-Honoré, tout près de l'église Saint-Philippe du Roule nouvellement bâtie et non encore consacrée.
Les belles résolutions du retour durent peu et l'air de la rue Saint-Charles ne vaut pas mieux pour Alexandre que celui de la rue Thévenot. Paris l'entraîne et il est incapable d'y résister. Môme pas Paris, Verdun où est sa garnison. Quelqu'un qui l'a connu a dit qu'il était « d'une grande coquetterie avec les femmes ». Il fut tel jusque sur les marches de l'échafaud. Or, il était dans le caractère de Joséphine d'être jalouse, dans son tempérament de pleurer et de faire des scènes. En ce moment oii elle n'avait aucun tort, où les griefs ne lui manquaient point, commentn'eùt-
elle pas manqué de s'en prévaloir? Et d'ailleurs dans la vie qu'on lui avait faite, quel autre objectif avaitelle que son mari? Quel dérivatif ofTraJt-on à une femme de son âge, quelle satisfaction lui donnait-on, quel plaisir, quelle distraction? Et n'avait-clle pas droit de se plaindre?
A peine Alexandre a-t-il passé un mois en France qu'il songe à repartir. Jl n'est point satisfait de son grade de capitaine ; il n'est point disposé à faille du service de garnison ; il ne se soucie nullement d'embarquer sur les vaisseaux du Roi pour s'y faire tuer comme le capitaine de JMontcourier ou blesser comme le capitaine de Montoy de Berlrix, ses camarades de la Sarre. Il lui faut à lui du parliculier, car il s'inquiète de la perspective de n'obtenir que fort tard un régiment et, sans doute pour avoir cet agrément de la Cour, ce n'est point trop de se signaler. Justement, M. de Bouille, gouverneur des Iles du Vent, est en France : il y est venu pour déterminer le ministère à une grande expédition contre Plymouth ; le public ignore sans doute son dessein et le croit occupé de la conquête de la Jamaïque, mais, où qu'aille le vainqueur de la Dominique et de Saint-Christophe, il y aura toujours de la gloire à le/uivre. Alexandre souhaite de l'accompagner commeaide de camp. — Rien moins. — Il se fait près de lui chaudement appuyer par le duc de. la Rochefoucauld qui lui a obtenu d'abord un congé indéfini du ministre de la Guerre, mais ses démarches n'aboutissent pas. On a les lettres de M. de la Rochefoucauld; il est impossible qu'elles
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soient plus agréables; il n'y oublie rien, « ni le vif intérêt que toute sa famille et lui prennent au jeune homme », ni la connaissance qu'il a de lui depuis son enfance, « parce que, dil-il, il a été élevé chez nous avec mes neveux » ; ni l'honnêteté, ni l'âme, ni l'esprit, ni la grande ardeur pour s'instruire, ni même le voyage en Italie « fait avec beaucoup de fruit », mais pourquoi pas un mot du marquis, s'il ne considère le rappel de son nom et de ses anciennes qualités comme devant desservir le vicomte ? pourquoi, parlant à M. de Bouille qui arrive de la Martinique, qui a épousé une demoiselle Bègue, de la Martinique, dix fois alliée aux Sannois. pas un mot des La Pagerie, si les La Pagerie ont réellement là-bas la situation qu'on leur prête ? Gela fait penser.
Le départ de M. de Bouille est subit, et peut-être est-ce là le motif de l'échec d'Alexandre, mais il s'obstine et n'ayant pu partir comme aide de camp, c'est comme volontaire que, le 26 septembre 1782, il s'embarque pour la Martinique, que menace une descente anglaise et qui a le plus pressant besoin de secours. Au moment de son départ de Paris, sait-il que sa femme est de nouveau enceinte ? En tout cas, il l'apprend d'elle à Brest où il est obligé de s'arrêter (luclque temps et « il se félicite d'en avoir la certitude ».
Toutefois, il n'est point expansif : ce n'est point à Joséphine, c'est à M""= Benaudin qu'il adresse ses con- (idcnces. ses plaintes sur ce qu'on ne le comprend pas, .^ur le [)cu de cas que l'on fait « du mérite de sa réso-
lution et de ses sacrifices ». « Eafin, dit-il, j"ai pour moi ma conscience qui s'applaudit d'avoir su préfi'rer aux douceurs actuelles d'une vie tranquille et passée dans les plaisirs, la perspective quoique éloignée d'uni avancement qui peut m'assurer une existence plus flatteuse pour l'avenir, me valoir une ctnsidé alion utile à mes eiffanls. »
Il arrive à la Martinique au mois de novembre, et, dès son débarquement, il semble que ses rapports avec sa belle famille manquent de cordialité, et tous les torts sont-ils du côté d'Alexandre ? N'a-t-il pas le droit de s'étonner de la médiocre situation que son beau-père a dans la colonie, du peu d'estime où on le tient, de l'espèce de misère oii il vit? D'autre part, M. de La Pagerie qui n'est rentré que depuis quelques mois, n'ignore rien des débuts du mariage, et se tient sur l'extrême réserve. Sa femme se permet des observations que le gendre accueille mal. Chacun a des reproches à se faire, chacun a des griefs à invoquer et tels qu'on ne se les pardonne guère. De la famille de sa femme, le vicomte ne voit guère que l'oncle, le baron de Tascher qui, établi à Fort-Royal comme directeur du port, marié à une demoiselle Roux de Chapelle tenant aux meilleures familles de la colonie, a pris une position bien meilleure que son aîné et jouit d'une véritable considération. Pour lui, Alexandre déploie toutes les grâces, et, comme il sait à l'occasion être aimable et séduisant, qu'il porte avec lui cette fleur d'élégance, ce .ton de bonne compagnie, ces talents de danseur, ces façons de philosophe, tout le train à
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la mode dont il s'est paré à la Roche-Guyon, il ne manque pas de plaire. La baronne de Tascher est enthousiaste : « Dieu veuille, écrit-elle, que mon fils puisse lui ressembler en tous points ; je ne lui demande rien de plus et je serais la plus heureuse des femmes. » C'est là toute la conquête d'Alexandre, car c'est vainement que M. de Bouille prépare ses forces pour risquer une offensive hardie. L'échec de la tentative contre Gibraltar a tout décidé. Plus d'espoir pour le vicomte de se signaler dans les expéditions puisque la paix va se conclure, que les préliminaires en sont sig-nés le 20 janvier 1783, et qu'aussitôt la nouvelle reçue, les hostilités cessent aux Antilles. Irrité et inoccupé, le vicomte se remet à courir les femmes, et celle qu'il choisit est une femme experte, ennemie des Tascher, jalouse du mariage que M™° Renaudin a fait faire à sa nièce et prête à user de tous les moyens pour troubler à jamais le jeune ménage. Elle sait les coquetteries qu'a pu jadis faire Joséphine, les flirts auxquels elle s'est livrée : quelle occasion d'en réunir les histoires, d'en collectionner les preuves et de s'attacher ainsi un amant désirable, en le séparant à jamais de sa femme 1
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Le 10 avril 1783, Joséphine accouche à Paris, rue de la Pépinière (la rue Sainl-Charles n'en esl qu'un court prolongement et les deux noms s'emploient indifféremment) d'une fille qui est baptisée le lendemain, à la Madeleine de la YiHe-l'Evèque, et qui reçoit les noms d'Hortense-Eugénie. Le parrain est le grandpère La Pagerie, auquel on donne pour la première fois du Haut et Puissant Seigneur et qu'on qualifie capitaine de dragons, sans dire que c'est de milice; il est représenté par son neveu, le fils aîné du baron, qui, âgé de dix ans, a été envoyé à Paris pour y suivre le collège. La marraine est Fanny Beauharnais qui pour le moment est retirée aux Dames de la Visitation, rue du Bac. Gn a soin d'indiquer dans racte que le père qualifié vicomte de Beauharnais, baron de Beauville, capitaine au régiment de la Sarre, est « actuellement en Amérique pour le service d,u Roi ».
Ce père -n'a point avant deux mois la nouvelle de sa paternité ; les lettres ne mettent guère moins de
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lemps : c'est donc au plus lot au milieu de juin. Le 8 juillet, il écrit à sa jeune femme la lettre suivante : « Si je vous avais écrit dans le premier moment de ma rage, ma plume aurait brûlé le papier et vous auriez cru, en entendant toutes mes invectives, que c'était un moment d'hume.i -ou de jalousie que j'avais pris pour vous écrire; mais il y a trois semaines et plus que je sais, au moins en partie, ce que je vais vous apprendre. Malgré donc le désespoir de mou àme, malgré la fureur qui me su (Toque, je saurai me contenir; je saurai vous dire froidement que vous êtes à mes yeux la plus vile des créatures, que mon séjour dans ces pays-ci m'a appris Tabominable conduite que vous y aviez tenue, que je sais, dans les plus g'rands détails, votre intrigue avec M. de Be..., officier du régiment de la Martinique, ensuite celle avec M. d'il..., embarqué ù bord du César, que je n'ignore ni les moyens que vous avez pris pour vous satisfaire, ni les gens que vous avez employés pour vous en procurer la facilité; que Brigitte n'a eu sa liberté que pour l'engager au silence, que Louis^ qui est mort depuis, était aussi dans la confidence ; je sais enfin le contenu de vos lettres et je vous apporterai avec moi un des présents que vous avez faits. Il n'est donc plus temps de feindre et, puisque je n'ignore aucun détail, il ne vous reste plus qu'un parti à prendre, c'est celui de la bonne foi. Quant au repentir, je ne vous en demande pas, vous en êtei incapable : un être qui a jiu, lors des préparatifs pour son départ, recevoir son amant dans ses bras, alors qu'elle sait
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qu'elle est deslince à un autre, n'a point d'âme : elle est au-dessous de toutes les coquines de la terre. Ayant pu avoir la hardiesse de compter sur le sommeil de sa mère et de sa grand'mère, il n'est point étonnant que vous ayez su tromper aussi votre père à Saint- Domingue. Je leur rends justice à tous et ne vois que vous seule» de coupable. Vous seule avez pu abuser une famille entière et porter l'opprobre et Tig-nominie dans une famille étrangère dont vous étiez indig'ne. Après tant de forfaits et d'atrocités, que penser des nuages, des contestations survenues dans notre ménag-e ? Que penser de ce dernier enfant survenu après huit mois et quelques jours de mon retour d'Italie ? Je suis forcé de le prendre, mais j'en jure par le ciel qui m'éclaire,, il est d'un autre, c'est un sang- étranger qui coule dans ses veines! Il ignorera toujours ma honte, et j'en fais encore le serment, il ne s*apercevra jamais, ni dans les soins de son éducation, ni dans ceux de son établissement, qu'il doit le jaur à un adultère ; mais vous sentez combien je dois éviter un pareil malheur pour l'avenir. Prenez donc vos arrangements : jamais, jamais, je ne me mettrai dans le cas d'être encore abusé, et, comme vous seriez femme à en imposer au public si nous habitions sous le même toit, ayez la bonté de vous rendre au couvent, sitôt ma lettre reçue ; c'est mon dernier mot et xien dans la nature entière n'est capable de me faire revenir. J'irai vous y voir à mon arrivée à Paris, une fois seulement; je veux avoir une conversation avec vous et vous remettre quelque chose. Mais, je vous le répète, point de
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larmes, point de proleslfilions. Je suis déjà armé contre tous vos efforts, et mes soins seront tous employés à m'armer davantage contre de vils serments aussi faux etaussi méprisables que faux. Malgré toutes les invectives que votre fureur va répandre sur mon compte, vous me connaissez, Madame, vous savez que je suis bon, sensible, et je sais que, dans Tintérieur de votre cœur, vous me rendrez justice. Vous persisterez à nier parce que, dès votre plus bas âge, vous vous êtes fait de la fausseté une habitude, mais vous n'en serez pas moins intérieurement convaincue que vous n'avez que ce que vous méritez. Vous ignorez probablement les moyens que j'ai pris pour dévoiler tant d'horreurs et je ne les dirai qu'à mon père et à votre tante. Il vous suffira de senlir que les hommes sont bien indiscrets, à plus forte raison quand ils ont sujet de se plaindre : d'ailleurs, vous avez écrit; d'ailleurs vous avez sacrifié des lettres de M. de Bc... à celui qui lui a succédé; ensuite, vous avez employé des gens de couleur qu'à prix d'argent on rend indiscrets. Regardez donc la honte dont vous et moi, ainsi que vos enfants, allons être couverts, comme un châtiment du ciel que vous avez mérité et qui me doit obtenir votre pitié et celle de toutes les âmes honnêtes. « Adieu, Madame, je vous écrirai par duplicata et l'une et l'autre seront les dernières lettres que vous recevrez de votre désespéré et infortuné mari. »
« P.-S. — Je pars aujourd'hui pour Saint-Domingue et je compte être à Paris en septembre ou octobre, si
ma santé ne succombe pas à la fatigue d'un voyage, jointe à un état si affreux. Je pense qu'après cette lettre je ne vous trouverai pas chez moi et je dois vous prévenir que vous me trouveriez un tyran si vous ne suiviez pas ponctuellement ce que je vous ai dit. »
Cette lettre écrite, le vicomte fait partir pour la France sa maîtresse à laquelle il donne rendez-vous à Paris et lui-même s'embarque, le 18 août, sur la frégate l'Atalante oh il a obtenu passag-e ; mais, avant, il a avec son beau-père une explication qui amène une rupture définitive.
Il arrive en France au commencement d'octobre ; il trouve au port des lettres de son père et de M"'" Renaudin qui tentent encore un accommodement, mais il ne veut rien entendre et, route faisant, de Ghatellerault, le 20 octobre, il écrit à Joséphine pour lui intimer de nouveau ses ordres. Il lui dit :
« J'ai appris avec étonnement, en arrivant en France, par les lettres de mon père, que vous n'étiez pas encore dans un couvent, ainsi que je vous en avais témoigné la volonté par ma lettre datée de la Martinique. J'imagine que vous avez voulu attendre mon arrivée pour vous soumettre à cette nécessité et que ce retard ne doit pas être considéré comme un refus. En vous écrivant du mois de juillet dernier, j'avais déjà fait toutes mes réflexions et mon parti était décidément pris. Vous sentez que ce n'est pas une fièvre inflammaloire et putride que j'ai eue, occasionnée par l'excès de ma douleur, qui aura pu me faire changj3r