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toujours comporté, tant qu'ils ont eu le bonheur de le posséder, en vrai et zéjé patriote et républicain. « Pour quoi nous vous demandons... de nous renvoyer le vrai sans-culotte et républicain Alexandre Beauharnais tant pour le bien et le bonheur de notre commune que pour celui des communes voisines et des sociétés populaires auxquelles il est affilié qui sont très touchés de son absence et ne cessent comme nous de désirer son prompt retour. »
Par Eugène et Hortense qui ont obtenu la permission de voir leur mère, passent les lettres, les certificats, les mémoires. Ils amènent à Joséphine son chien. Fortuné, un carlin, laid et hargneux, qui sans être remarqué, se coule, portant les billets sous son collier. Qui est derrière les enfants? Qui leur tient la main? Qui fait les démarches à la Ferté ? Qui rédige les pétillons ?, Sans doute ce personnage mystérieux, Calmelet, qu'on trouvera dès lors dans l'intiraité de la vie de Joséphine, chargé des missions les plus intimes, des affaires les plus secrètes, homme d'affaires comme on en avait alors, de ceux qui, à leurs clients, ouvraient leur bourse et qui quelquefois, pour eux, donnaient leur tête. Peut-être s'y mêle-t-il un beaufrère de Marie Lanoy, la gouvernante des enfants, un certain M. Sabatier, qui fut pourvu par la suite d'un bon emploi dans un ministère. Peut-être encore un nommé Martin qui, plus tard, réclama son dû ; mais c'est à coup sûr Calmelet le principal : c'est lui seul que citent Eugène et Hortense ; plus tard, Calmelet, pourvu de la place de secrétaire du Conseil des prises
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et de celle d'adminislraleurdu Mobilier impérial étant tombé dans la disgrâce de JN'apoléon, Eugène le défendit avec la plus grande énergie ainsi que son neveu Soulange-Bodin, alléguant « l'intérêt qu'ils ont montré à sa famille dans des temps moins heureux ».
Pour Joséphine, mômes démarches, mais d'un autre style : des pétitions que signent les enfants, qu'ils présentent le 19 floréal (8 mai) à la Convention, le 2G prairial (14 juin), au Comité de Sûreté générale. « Aux représentants de la Convention nationale » ils disent : « D'innocents enfants réclament auprès de vous la liberté de leur tendre mère, de leur mère à qui Ton n'a pu rien reprocher que le malheur d'être entrée dans une classe à laquelle elle a prouvé qu'elle se croyait étrangère puisqu'elle ne s'est jamais entourée que des meilleurs patriotes, des plus excellents montagnards. Ayant demandé son ordre de passe pour se soumettre à la loi du 28 germinal, elle fut arrêtée sans en pouvoir pénétrer la cause. Citoyens représentants, vous ne laisserez pas opprimer l'innocence, le patriotisme et la vertu. Rendez la vie, citoyens représentants, à de malheureux enfants. Leur âge n'est point fait pour la douleur. »
Plus imprudente est la pétition au Comité de Sûreté générale. Les enfants réclament que leur mère soit jugée. (' Toutes les pièces concernant la citoyenne Alexandre Beauharnais... sont maintenant à la commission des détenus, excepté le mandat d'arrêt : on n'attend que cette pièce pour délibérer sur son affaire )j, et ils la demandent avec instance : « quand on n'a
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point à redouter le jugement, on brûle qu'il soit rendu ». Pauvre femme ! comj^ient ne sent-elle point que le seul moyen de salut est de se faire oublier ! Heureusement, La Bussière veille : cet étrange personnage, qui, par humanité, s'est fait voleur de dossiers — non pas même voleur, mâcheur, — et qui risque à chaque instant sa vie pour sauver la vie d'inconnus. Qu'il ait mâché le dossier de Joséphine, on n'en a nulle preuve, mais il s'en est vanté, et Joséphine l'a cru, car, le 5 avril 1803, elle assista avec le Premier Consul à une représentation extraordinaire donnée au théâtre de la Porte Saint-Martin au bénéfice de La Bussière, et elle envoya cent pisloles pour le prix de sa loge. Si La Bussière n'est pas un personnage de légende, il est le plus extraordinaire des héros. •
Que ce soit à La. Bussière, au hasard ou à l'encombrement de la guillotine que Joséphine ait dû d'être oubliée et d'atteindre ainsi le 9 thermidor, Beauharnais était trop en vue pour que, dès qu'il s'agît de vider les Carmes, son nom ne fût pas des premiers prononcé. Sans doute, étant donnée sa conduite militaire, l'abandon de Mayencc, la désertion de son poste, les chefs d'accusation ne manquaient pas contre lui, mais un procès individuel avec des formes, des témoignages, des plaidoiries, des réquisitoires, c'était long et on était pressé. Les prisons étant remplies, il fallait faire de la place. A défaut des massacres soi-disant populaires dont on avait vu les inconvénients, Vadier « soixante ans de vertu » inventa les