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une cour qui réside, sans fêtes, sans bals, sans réceptions, c'est dur pour les marchands. Par ordre, les princesses du sang et les princes d'Empire ont ouvert leurs maisons, mais il y a pénurie de danseurs et, pour les bals de l'Archichancelier, il faut lever, à Saint-Gloud, une conscription de pages.
C'est le motif qu'allègue Napoléon ; mais il en a d'autres que Joséphine a devinés dans sa jalousie native contre « les belles de la grande Pologne ».
Avant le départ, Joséphine fait ses présents : le préfet, Jean Bon-Saint-André, reçoit une belle tabatière en or émaiilé avec chiffres en brillants (écaille noire doublée en or avec chiffres en brillants, tout à fait Convention), l'évèque une moins riche en or émaiilé, puis le maire, le médecin de Wiesbaden — elle n'eût point été elle-même si elle n'avait profité de celle occasion de prendre les eaux — le directeur de la douane et le directeur de la poste : des boîtes de 3 800 à 4 300 francs selon le grade. — Pour le maréchal Kellermann, il en faut une à part à cercle de brillants avec les portraits de l'Empereur et de l'Impératrice peints par M. Parent. Et il y a encore une parure en camées pour Mme Lorge, femme du général; une très médiocre, en mosaïque fond turquoise, pour la princesse de Hohenzollern, trois de rien du tout pour Mroe Jolivel et Mme Dibelius, et pour la fille du proviseur du lycée : et c'est fini. Point de garde d'honneur, point de jeunes filles à compliment, rien qui, après ce long séjour de quatre mois, marque des nabitudes prises, des liaisons formées, quelque chose
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d'analogue à ce qui était à Strasbourg l'année précédente. Jean Bon-Saint-André attend l'Impératrice à Gemershein où elle passe la nuit, et de là elle part pour Strasbourg. Elle arrive, accepte une fête improvisée par le préfet Shée, repart pour coucher à Bar-sur-*- Ornain, chez Mme Oudinot, à qui elle offre une parure en cornalines brûlées, gravées en creux et montées en or à feuilles de chêne, de 1 6G0 francs. Réception des jeunes personnes de la ville offrant des fleurs : ci, ilcux petites montres de col. Avant Paris, on s'arrête encore à Epernay chez Mme Moët : elle aura pour son ciérai gement une parure en coquilles orientales enrichie de perles, de 1 030 francs, et la fille du maire, pour son compliment, une petite parure en coquilles blanches. Enfin, voici le département de la Seine et, à la lisière, le préfet et les autorités ; grâce à eux, on n'est aux Tuileries qu'à huit heures moins le quart. El . !e lendemain, trois salves d'artillerie; quatre jours après, toutes les autorités qui défilent et font leurs c< mpliments; puis, la vie reprise comme si l'Empereur était présent, avec les messes du dimanche, les cercles diplomatiques, les présentations d'étrangers et d'étrangères, les grands spectacles à l'Opéra, même des bals particuliers, des visites de manufactures et de monuments et des auditions au Conservatoire : chaque semaine, un jour ou deux à Malmaison, avec une société sur qui l'Empereur garde l'œil ouvert et dont il chasse impitoyablement toute brebis galeuse. C'est là que, comme à l'ordinaire, on célèbre la Saint- Joseph et c'est par des petites pièces d'Alissan de