‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 64 sur 104 · THEATRE DE LA COUR · texte numérisé non relu

THEATRE DE LA COUR

Tel est l'aspect des grandes fêtes, des fêtes complètes, celles où il y a à la fois jeu, concert, ballet ;et souper, mais, le plus souvent, on n'a point tous ces jplaisirs ensemble et le jeu avec cercle est ce qu'on {voit le plus ordinairement.

Ce ne fut qu'en 1808 qu'il y eut, aux Tuileries, une (salle de spectacle où l'on pût, selon les temps, donner [l'opéra italien, buffa et séria, l'opéra-comique, la tragédie et la comédie. Joséphine en jouit donc à peine durant deux hivers et combien écourtés ! Néanmoins, le théâtre des Tuileries, à partir de cette date, devient le principal des plaisirs qu'on y trouve, la base même des réjouissances qu'on y donne et c'est Joséphine qui a présidé à son inauguration et à ses premières gloires.

Dès le début de 4806, l'Empereur, revenant de sa campagne d'Allemagne et ne voulant point rester audessous de ces petits princes qui chacun lui ont donné l'opéra dans le théâtre de leur palais — à Carlsruhe, comme à Stultgard et à Munich — a décidé de faire construire un théâtre aux Tuileries. Cela est sans doute le motif principal ; il en est d'autres : d'abord il trouve quelque peu indigne de sa gloire les divertissements qu'il offre à sa cour ; le spectacle lui semble d'étiquette et s'il peut, à Malmaison et à Saint-Cloud, le joindre au cercle, il ne le peut faire à Paris. Pour lui-même, il aime le théâtre, surtout lyrique, mais il aime aussi le tragique. Or, pour en

avoir l'agrément, il faut qu'il affronte chaque fois le public payant, l'usage étant établi que, à l'entrée du souverain dans sa loge, on applaudisse et qu'il salue, Napoléon n'aime point se mettre en cette représentation, jauger sa popularité à la fréquence des battements de main ; il trouve cette farce, surtout répétée diverses fois la semaine, indigne de son rang, dangereuse pour son prestige, susceptible de graves inconvénients au dedans et au dehors ; cela doit être réservé pour de grandes occasions, faire un événement dans la vie de Paris. Puisqu'il aime la tragédie et qu'il ne peut l'avoir où on la donne, il la prendra chez lui. Pour toutes ces raisons et d'autres, il décide qu'une salle de spectacle remplacera dans l'aile droite du palais des Tuileries, l'ancienne Salle de la Convention, établie elle-même sur l'emplacement de cette Salle des machines où Louis XIV a dansé ses ballets. Il ouvre à cet effet un premier crédit de 250 000 francs ; mais les travaux sont plus importants et plus longs qu'on ne pense. Fontaine rêve de disposer le mécanisme de façon à pouvoir monter sur la scène, comme au Grand opéra de Versailles, une décoration répétant celle de la salle, afin de permettre ainsi, dans toute l'étendue, des bals et des fêtes que la mauvaise disposition des lieux a empêché jusqu'ici de combiner dans le palais. Gela allonge encore le labeur : il faut, en 1807, un nouveau crédit de 150 000 francs : en juillet de celte année, pour le retour de Tilsilt, rien n'est encore achevé et ce n'est qu'en novembre qu'on est prêt.

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